Hjira : « Je refuse d'être l'otage du PAM »

Omar Hjira annonce avoir déposé une "démission orale" (sic) et revient sur le conflit entre son parti l'Istiqlal et le PAM au niveau de la ville d'Oujda où il a pourtant été élu maire.

Par et

Omar Hjira. Crédit MAP

Comment peut-on expliquer le retard pris dans la désignation du président du Conseil de la ville d’Oujda ?

Omar Hjira: Après l’annonce des résultats des élections le 4 septembre,  l’Istiqlal dont je fais partie a obtenu la troisième place. Conformément à la politique adoptée par ma formation, j’ai respecté l’accord passé entre les quatre partis de l’opposition.  Nous nous sommes donc alliés avec le PAM, mais j’ai été choqué par les manœuvres de ce parti qui n’allaient pas dans le sens des accords entre nos deux formations.

Dans le détail, en quoi consistait cet accord ?

Nous nous étions engagés à soutenir le candidat du PAM lors de l’élection du président de la région de l’Oriental (remportée par le candidat PAM Abdenbi Bioui). En contrepartie de ce soutien, le PAM s’engageait à soutenir ma candidature à la présidence du conseil de la ville d’Oujda. Mais, une campagne féroce  à l’encontre de l’Istiqlal et contre ma personne a été organisée. Je suis sûr que ces manœuvres ont été orchestrées par le PAM.

Vous avez pourtant été élu président du Conseil de la ville…

Après mon élection j’ai été approché par des représentants du PAM qui m’ont présenté une liste d’adjoints qui étaient tous de leur parti. C’est ainsi que je suis devenu l’otage du PAM et je ne peux pas accepter de diriger un Conseil avec des hommes politiques qui ne respectent pas leurs promesses.

Et donc vous avez présenté votre démission…

Oui, j’ai décidé de présenter oralement ma démission après avoir été élu président du Conseil avec des adjoints que je n’ai pas choisi et dont je ne connais même pas les noms.

Une démission orale n’a pourtant pas de valeur juridique… Qu’entendez-vous par là?

Légalement, je suis encore président du conseil de la ville. Mais, lorsque j’ai décidé de présenter ma démission, j’ai été confronté au secrétaire général de la préfecture. Lorsque je lui ai demandé de contacter des membres dirigeants de mon parti, il m’en a empêché. C’est regrettable que de tels procédés existent encore alors que nous parlons d’une nouvelle ère démocratique et d’une nouvelle Constitution.

Que comptez-vous faire maintenant ?

Au nom de mon parti, je vais déposer personnellement une plainte auprès du tribunal le 1er octobre (l’entretien a été réalisé le 30 septembre, ndlr). C’est un conflit au niveau local entre notre parti et le PAM qui a essayé de tout faire pour m’humilier et me pousser à la démission. Ce conflit sera décisif pour la région de l’Oriental.

Quelle est la position  de votre parti ?

J’ai été en contact quotidien avec mon parti et plus précisément avec son secrétaire général Hamid Chabat. Les membres dirigeants de l’Istiqlal sont mécontents de ce qui s’est passé. De même, ils ont contacté le secrétaire général du PAM Mustapha Bakkouri et son adjoint Ilyas El Omari qui leur ont confirmé que les alliances et les pactes entre les partis de l’opposition doivent être maintenus. Ces deux personnes ont même tout fait pour régler cette situation. Cependant, les procédés de ce parti au niveau d’Oujda sont très contestables.

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