Benchaâboun s’explique sur les effets de la crise de la Samir

Le PDG de la Banque Populaire est revenu sur le scandale financier de la Samir, lors de la présentation de ses résultats semestriels.

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Mohamed Benchaâboun, alors PDG du Groupe Banque Populaire.

Les déboires financiers de la Samir ont eu un effet domino sur les banques de la place, c’est le principal enseignement que l’on peut tirer de la conférence d’annonce des résultats semestriels du Groupe Banque populaire (GBP), mardi 15 septembre. Alors qu’Attijariwafa Bank affirme avoir anticipé et totalement sécurisé le risque financier que représente la raffinerie de Mohammedia, sans mettre pour autant un chiffre sur ce risque, le PDG de BCP expose une autre analyse.

Mohamed Benchaâboun affirme que le groupe a accordé à la Samir des crédits pour décaissement de 1,9 milliard de dirhams garantis à hauteur de 1,2 milliard de dirhams par sûretés réelles. Cette situation n’a pas été sans conséquence sur les comptes de la banque au cheval. « Nous avons dû constituer pour la première fois depuis 2011 des provisions pour risques généraux pour un montant de 2,8 milliards de dirhams », soutient le PDG.

Benchaâboun a saisi cette occasion pour revenir sur l’historique des négociations pour le rééchelonnement de la dette de Samir. « Nous avons, pendant longtemps, demandé au principal actionnaire d’opérer une augmentation de capital. La situation de la raffinerie s’est davantage détériorée à partir de fin 2014. C’est pour cette raison d’ailleurs que nous avons baissé nos encours de moitié, constitué des provisions et nous avons demandé des engagements réels », confie le PDG. 

Les BPR, des filiales à partir d’octobre

Outre la Samir, Benchaâboune a annoncé que les banques populaires régionales (BPR) deviendrons des filiales de la BCP à partir d’octobre prochain. « La banque centrale populaire doit avoir au moins 52% dans chacune des BPR à partir de cette date », a a-t-il précisé. L’établissement bancaire prépare d’ailleurs une nouvelle augmentation du capital en faveur des BPR.

« Nous n’avons pas la même logique que le FMI »

Benchaâboune a également livré la position de son établissement sur le développement en Afrique. Alors que dans son dernier rapport, le Fonds monétaire international (FMI) recommande aux banques marocaines de ralentir le rythme des acquisitions des établissements de crédit panafricains au regard du contexte actuel, le PDG de BCP ne semble pas partager la même vision que l’institution internationale.

« Nous ne sommes pas des investisseurs de conjoncture. Le FMI suit une logique de finance pure et nous n’adoptons pas cette logique. Cela dit, il faut bien s’assurer que le rythme des acquisitions soit en ligne avec notre capacité d’absorber ces opérations », soutien-t-il. La BCP a d’ailleurs porté sa participation dans la holding Atlantic Business International à 75% en y rachetant 10% supplémentaires. La banque a également engagé dernièrement une prise de participation majoritaire dans le capital de BIA Niger.

Un portefeuille de 5 millions de clients

Lors de l’annonce de ces résultats, GBP a annoncé que le groupe a pu préserver son statut de premier collecteur de dépôts avec une part de marché de 26,7% au niveau du marché local. Ce positionnement s’appuie sur le large réseau de la banque et un portefeuille de 5 millions de clients. Résultat : les dépôts de la clientèle auprès de la BCP se sont accrus de 6,4 milliards de dirhams à 236,2 milliards de dirhams à fin juin 2015. In fine, le produit net bancaire (PNB) a progressé de 3,4% à 7,7 milliards de dirhams pour un résultat net part du groupe (RNPG) en hausse de 9,3% à 1,2 milliard.

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