Rached Ghannouchi vante les méthodes du Maroc pour lutter contre l’extrémisme religieux

Rached Ghannouchi, leader du parti islamiste tunisien semble vouloir s’inspirer des méthodes marocaines dans la lutte contre le terrorisme. Il l’a confié à la radio tunisienne.

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Rached Ghannouchi - Crédits : Shems FM

Dans une interview accordée à la radio tunisienne Shems FM, Rached Ghannouchi, leader du parti islamiste Ennahdha, évoque le retour au pays des terroristes et extrémistes de l’État Islamique et indique son point de vue sur le traitement qu’il faut dès lors leur réserver. Très vite dans l’interview, la méthode marocaine a été mise sur le tapis. Ghannouchi estime en effet qu’une politique de réconciliation nationale, qui permettrait  de réintégrer celles et ceux partis en Syrie et en Irak, serait intéressante à mettre en place. Certains jeunes qui montreraient une volonté de repentance, pourraient ainsi s’en sortir, plutôt que d’accumuler les années de prisons.

Le leader islamiste précise ainsi sa pensée : « La Tunisie n’est pas le premier pays à avoir connu le terrorisme. D’autres pays plus grands que nous, en ont  fait la triste expérience et l’ont contré de différentes façons. Quand Ennahda plaide pour une politique de réconciliation, elle n’invente rien. » Et de poursuivre « Au Maroc, il n’est arrivé qu’une seule grande attaque et s’en était fini du terrorisme dans le pays. Pourquoi ? Parce que le Maroc a mobilisé, face aux terroristes, une armée d’Oulémas, qui ont conduit des dialogues avec les jeunes extrémistes, et même dans les prisons. »

Dans son interview, Rached Ghannouchi cite l’exemple du Cheikh Mohamed Fizazi, condamné en 2003 à 30 ans de prison, après les attentats de Casablanca, pour son influence idéologique sur les responsables des attentats et dont la repentance a connu un certain écho. « Grâce au dialogue, il a fait repentance, il a abandonné ses anciennes idées extrémistes et a été réhabilité en tant qu’imam. Il a même conduit une prière du vendredi en présence du roi Mohammed VI. »

Le dialogue comme solution à la radicalisation ? La méthode n’est pas nouvelle, mais le Maroc a su prouver qu’elle marchait. Si la Tunisie s’interroge de plus en plus sur les combats à mener pour lutter contre le radicalisme, c’est qu’elle reste avant tout confrontée à des chiffre très alarmants. D’après les dernières statistiques émises par l’ONU au début du mois d’août 2015, la Tunisie fait toujours partie des pays qui fournissent le plus de combattants à l’État Islamique dans le monde, avec pas moins de 5 000 départs, quand le Maroc en compte moins de 1 300.

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