Au Maroc, allaiter au travail est encore difficile

L’Unicef défend l’allaitement mais rappelle qu'au Maroc, le droit de donner le sein au travail n'est pas toujours respecté, ou du moins facilité.

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Le congé maternité est aujourd'hui de 14 semaines, le congé paternité de seulement 3 jours. Crédit: Daniel Peinado/Flickr

Tous les ans, la semaine de l’allaitement maternel qui a lieu du 1er au 7 août tente de défendre les bienfaits de cette pratique sur la santé des enfants. Dans un communiqué publié ce 4 août, la section marocaine de l’Unicef explique que 38 % des enfants dans le monde sont exclusivement allaités au sein pendant leurs six premiers mois, mais qu’au Maroc, ce taux est de 27,8. Des chiffres jugés « inquiétants » par l’organisme, et qui sont largement en baisse, à regarder les données officielles du ministère de la Santé. En 1992, encore 51% des enfants étaient nourris exclusivement au sein durant les six premiers mois de vie.

Si l’Unicef s’inquiète c’est que les vertus du lait maternel ne sont plus à prouver. « Une récente étude internationale a constaté que les enfants qui ont été allaités pendant au moins un an sont restés plus longtemps à l’école, ont obtenu des scores plus élevés aux tests d’intelligence et gagnent mieux leur vie à l’âge adulte en comparaison avec ceux qui ont été allaités pendant un mois seulement », note Regina De Dominicis, représentante de l’Unicef au Maroc citée dans le communiqué. Il est reconnu par l’Organisation mondiale de la santé que le lait de la mère fournit toutes les calories et nutriments dont l’enfant a besoin pendant les premiers mois de la vie et continue de couvrir la moitié ou plus des besoins nutritionnels pendant le second semestre de vie, et jusqu’à un tiers de ces besoins pendant la deuxième année. Il favorise le développement sensoriel et cognitif et protège le nourrisson contre les maladies infectieuses et chroniques. L’allaitement précoce, c’est-à-dire l’administration dans la demie-heure qui suit la naissance du premier lait qui sort du sein de la mère, serait essentiel pour la santé de l’enfant. Or, seuls 26,8 % des femmes le pratiqueraient, d’après les chiffres du ministère.

Droit à une heure par jour sur son lieu de travail

L’alimentation au biberon se retrouve particulièrement en milieu urbain et dans les foyers à revenus moyens ou élevés. Les principaux obstacles à l’allaitement maternel sont d’ailleurs les politiques en milieu de travail, qui ne tiennent pas forcément compte de cet impératif et qui empêchent ainsi des femmes de pratiquer l’allaitement comme elles le souhaiteraient. Au Maroc, le code du travail accorde aux femmes le droit à une heure d’allaitement par jour durant les 12 mois qui suivent la reprise de leur travail après l’accouchement, et exige que toute entreprise qui occupe au moins 50 salariées se dote d’une chambre spéciale pour l’allaitement. Mais d’après l’Unicef, cette disposition « n’est pas largement mise en œuvre sur le terrain ». 

Le ministère s’est donné comme objectif à l’horizon 2016 d’arriver à 50 % d’allaitement précoce et 50 % d’allaitement maternel exclusif le premier semestre.

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