Le roi au cœur d'une querelle entre le gouvernement et l’opposition

Une nouvelle guerre oppose le PJD au PAM, avec comme toile de fond l'institution monarchique.

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Abdelilah Benkirane.
Abdelilah Benkirane. Crédit: Yassine Toumi

Une nouvelle guerre oppose le PJD au PAM, avec comme toile de fond l’institution monarchique.

« Nous avons eu des précisions montrant que sa majesté le roi n’est pas satisfait de la manière dont Benkirane instrumentalise l’institution royale ». Cette déclaration de Mustapha Bakkoury dans une conférence de presse des partis de l’opposition au parlement mardi 5 mai est en train de devenir un sujet de dispute politique entre le gouvernement et l’opposition. Cette déclaration intervient après la rencontre que les partis d’opposition ont eu avec les conseillers royaux  Fouad Ali El Himma et Abdellatif Menouni.

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Déclarations par presse interposée

La déclaration de Bakkoury a déclenché l’ire des élus PJD. Dans l’édition de Akhbar Al Yaoum de jeudi 7 mai, Abdelilah Benkirane estime que la sortie du secrétaire général du PAM « est très grave » parce que « le roi n’a pas besoin de l’opposition pour [lui] faire parvenir ses orientations ». « C’est ne pas sérieux et personne ne peut accepter ça », a-t-il ajouté.

Sur Al Massae du jeudi 7 mai, Abdellah Bouanou, président du groupe parlementaire du PJD, s’est demandé ironiquement « depuis quand le secrétaire général du PAM est devenu porte-parole du palais pour déclarer à l’opinion publique que sa majesté le roi n’est pas content du chef de gouvernement ». Bouanou a qualifié les propos de Bakkoury  d’ « osés » et d’« atteinte manifeste  aux institutions ». Selon lui, cette attitude mêle la monarchie au conflit politique.

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Une tempête dans un verre d’eau?

Invité à l’émission Dayf Al Oula sur la première chaîne nationale, Mustapha Bakkoury accuse la presse d’avoir mal interprété ses propos (à partir de 7’00 »). « J’ai dit que l’utilisation de l’institution monarchique et la personne du roi dans les discours politique au parlement ou dans les meeting publique est un problème », a assuré Bakkoury, avant de poursuivre en disant que « le roi est l’arbitre entre les institutions, et ne devrait pas être mêlé au conflit politique ».

Alors l’a-t-il dit ou pas ? Contacté par Telquel.ma, Abdelaziz Aftati, député PJD, n’en croit pas un mot. Aftati met Bakkoury au défi : « S’il assure qu’il n’a pas fait cette déclaration, qu’il rende l’enregistrement public ». Selon ce député de la majorité, s’il s’avère que Bakkoury n’a pas fait cette déclaration, « ce n’est pas grave et l’affaire s’arrête là. Autrement, il doit présenter ses excuses », conclut-il.

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