Nabil Benabdellah: «Le remaniement ministériel aura bien lieu»

Au Forum de la MAP, Nabil Benabdellah a exprimé la nécessité « d'instaurer des valeurs progressistes dans le Code pénal », plaidant pour la liberté sexuelle ainsi que la dépénalisation de la rupture du jeûne pendant le ramadan.

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Crédit : Yassine Toumi

Lundi 27 avril, Nabil Benabdellah était l’invité du Forum de la MAP en tant que secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme. Le ministre en a profité pour s’exprimer sur l’avant-projet de réforme du Code pénal, mais aussi sur la liaison de Habib Choubani et Soumia Benkheldoun avant de revenir sur les élections communales qui devraient se tenir en automne 2015. Ce  que l’on retient de son intervention en quatre points.

1. Le PPS favorable à l’instauration des libertés individuelles

« Dès que j’ai lu les articles de l’avant-projet de réforme du code pénal, j’ai contacté le chef de gouvernement et le ministre de la Justice au sujet des points qui étaient contre les valeurs de notre parti », a expliqué Nabil Benabdellah qui n’a pas manqué d’exprimer « les valeurs progressistes du PPS ». Pour lui, « les articles concernant les libertés individuelles sont en désaccord avec la Constitution de 2011 ». Nabil Benabdellah a exprimé « la nécessité de dépénaliser la rupture du jeûne pendant le ramadan », mais aussi les relations sexuelles hors-mariage. En somme, pour l’actuel ministre, il est nécessaire que « le code pénal respecte les textes de la constitution », pointant du doigt « des punitions exagérées pour ces actes ». « Ces comportements ne posent aucun problème à la société marocaine, il est déplacé de les punir », a-t-il argumenté.

2. Défavorable au report des élections

Le Forum de la MAP était aussi l’occasion pour le secrétaire général du PPS de rétablir la vérité sur la position du parti au sujet du report des élections communales devant se tenir en automne 2015. « Nous sommes contre le report des élections », a déclaré Nabil Benabdellah qualifiant les propos divulgués par les partis de l’opposition « de fausses informations ». Le chef du PPS a, cela dit, émis quelques inquiétudes au sujet du taux de participation « qui pourrait être faible vu que cela aura lieu juste après le ramadan et que les gens seront en vacances ».

3. De grandes ambitions pour les élections

« On savait que c’était un choix risqué de faire partie d’un gouvernement chapeauté par un parti islamiste », a confié Benabdellah qui a expliqué qu’il est « arrivé quand même à réaliser des résultats jamais escomptés ». Selon Benabdellah, « le nombre d’adhérents a explosé depuis la participation du PPS au gouvernement du PJD et la réputation du parti socialiste s’est améliorée ». Concernant les résultats des élections, le chef du parti s’est exprimé sur les ambitions du PPS en des termes confiants. « Nous nous attendons à être présents dans au moins 50 % des 1503 communes avec 3000 élus sur les 25 000 candidats », a-t-il déclaré, expliquant que « le parti devrait réussir à avoir 200 présidents de communes et à présider l’une des 12 régions du royaume ».

4. Oui à la vie privée, non à la polygamie

Les questions posées à Nabil Benabdellah ont fait ressortir l’éventuel mariage entre le ministre PJD Habib Choubani et sa collègue Soumia Benkhaldoun. A ce sujet, le chef du PPS a expliqué qu’il était « contre le fait de s’immiscer dans la vie privée des gens » et a refusé d’exprimer son avis sur cette relation. Il a toutefois appuyé la position de son parti qui est « contre la polygamie ». Pour Benabdellah, la loi devrait interdire cette pratique qui n’est plus « en accord avec l’époque actuelle ».

5. Un remaniement ministériel aura bien lieu

Nabil Benabdellah a tranché au sujet des rumeurs d’un éventuel remaniement ministériel. C’est la première fois qu’un politique confirme la nouvelle. « Nous attendons le retour du roi pour mettre en place ce remaniement », qui sera « limité ». Si ce remaniement aura lieu « dans les plus brefs délais » selon Benabdellah, il ne concernera « que quelques ministères » et ne sera pas aussi important que celui du 10 octobre 2013, provoqué par le retrait du parti de l’Istiqlal en juillet de la même année.

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