Egypte: 11 civils tués par des tirs de mortier dans le Sinaï

Onze civils égyptiens, dont dix femmes et enfants, ont été tués mercredi 8 avril au soir par des obus de mortier tombés sur leurs maisons dans le nord du Sinaï, où l'armée combat une branche locale du groupe Etat islamique (EI), a annoncé la police.

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Crédit : MOHAMED EL-SHAHED / AFP

Les obus ont explosé dans un quartier du sud de Cheikh Zuweïd, non loin d’Al-Arich, chef-lieu de la province du Nord-Sinaï. Six enfants, quatre femmes et un homme, ont péri et six autres habitants ont été blessés, ont assuré à l’AFP des responsables de la police et des secours, sans préciser qui étaient les auteurs des tirs.

Le Nord-Sinaï est le bastion du groupe insurgé Ansar Beït al-Maqdess, qui s’est rebaptisé Province du Sinaï en novembre 2014 quand il a fait allégeance à l’EI, pour signifier qu’il considère cette péninsule égyptienne comme une province du « califat » auto-proclamé par l’organisation extrémiste dans une partie de l’Irak et la Syrie. Ce groupe revendique régulièrement des attaques et attentats meurtriers visant les forces de l’ordre dans le Nord-Sinaï, mais aussi plus rarement au Caire.

Dans un autre quartier du sud de Cheikh Zuweïd, deux policiers ont été tués mercredi soir également, et trois blessés, par une bombe qui a explosé au passage de leur véhicule blindé, selon un communiqué de la police. Le 2 avril, Province du Sinaï avait revendiqué cinq attaques coordonnées dans le sud de Cheikh Zuweïd qui avaient coûté la vie à 15 soldats et deux civils.

Une riposte à la répression d’al-Sissi

Outre leur volonté d’étendre le « califat » du groupe Etat islamique au Sinaï, ces jihadistes assurent agir en représailles à la très sanglante répression qui s’est abattue sur les partisans du président islamiste élu Mohamed Morsi depuis qu’il a été destitué et arrêté par l’armée le 3 juillet 2013.

Selon le nouveau pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi, l’ex-chef de l’armée tombeur de Morsi, des centaines de policiers et soldats ont été tués dans des attentats et attaques depuis 2013, essentiellement dans le Nord-Sinaï.

Dans le même temps, les forces de l’ordre ont tué plus de 1400 manifestants pro-Morsi et emprisonné plus de 15 000 partisans du premier président démocratiquement élu en Egypte. Des centaines ont été condamnés à mort dans des procès de masse expédiés en quelques minutes et qualifiés par l’ONU de « sans précédent dans l’Histoire récente » du monde.