Carnage au musée Bardo à Tunis : 19 morts

Dix-neuf personnes, dont 17 touristes étrangers, ont été tuées ce mercredi en plein Tunis dans l'attaque d'hommes armés contre le musée du Bardo, la première à viser des étrangers depuis la révolution tunisienne.

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Un blessé en train d'être évacué. devant le musée Bardo à Tunis
Un blessé en train d'être évacué. Crédit: DR

Un assaut de la police a mis fin à l’attaque par des hommes armés contre le musée du Bardo de Tunis, a annoncé le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Mohamed Ali Aroui vers 15h, soit environ quatre heures après le début de la crise. Les deux assaillants ont été abattus et une opération des forces de sécurité était en cours mercredi soir pour rechercher d’éventuels complices, selon les autorités.

Dans la soirée, parlant à la télévision nationale d’une « situation définitive », le Premier ministre tunisien, Habib Essid, a listé « 17 morts parmi les touristes (…) : quatre Italiens, un Français, deux Colombiens, cinq Japonais, un Polonais, un Australien, une Espagnole ». On ignorait encore la nationalité des deux derniers touristes tués. Les deux victimes tunisiennes sont un policier et un chauffeur de bus.

Les assaillants ont ouvert le feu sur les touristes

L’attaque, qui a duré environ quatre heures, n’a pas été encore revendiquée. Les assaillants, vêtus d’uniformes militaires et armés de Kalchnikov, ont ouvert le feu sur les touristes alors que ces derniers descendaient de leurs bus puis ils les ont pourchassés à l’intérieur, a relaté le Premier ministre. Une centaine de touristes se trouvaient au musée lorsqu’il a été attaqué.

Une employée du musée, visiblement paniquée, a témoigné avoir entendu des «  tirs intensifs » aux alentours de midi. « Mes collègues ont crié : ‘Fuis, fuis, il y a des tirs’ » , a déclaré à l’AFP Dhouha Belhaj Alaya. « Nous nous sommes échappés par la porte de derrière avec des collègues et des touristes ».

44 blessés

Dans le Parlement, mitoyen du musée, la « panique »  était « énorme »  lorsque les coups de feu ont retenti, a relaté la députée Saïda Ounissi sur Twitter. La fusillade est intervenue «  en pleine audition des forces armées sur la loi antiterroriste » , en présence notamment du « ministre de la Justice, de juges et de plusieurs cadres de l’armée » , selon elle.

Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, s’est rendu à l’hôpital Charles Nicole de Tunis où ont été hospitalisés les blessés : quarante-quatre personnes, dont six Tunisiens, ont été blessées, certaines grièvement.

« Nous sommes en guerre contre le terrorisme »

Après avoir dit à l’AFP que les autorités faisaient tout pour éviter qu’un tel « désastre » ne se reproduise, le président tunisien Béji Caïd Essebsi s’est engagé dans une brève allocation télévisée à combattre « le terrorisme sans pitié« .

« Je veux que le peuple tunisien comprenne que nous sommes en guerre contre le terrorisme (…). Je veux que le peuple tunisien se rassure (…) ces traîtres seront anéantis« , a-t-il lancé.

Depuis la révolution de janvier 2011, qui a chassé du pouvoir le président Zine El Abidine Ben Ali, la Tunisie a vu émerger une mouvance extrémiste responsable de la mort de dizaines de policiers et de militaires, selon les autorités. Liée au réseau Al-Qaïda, la Phalange Okba Ibn Nafaâ est considérée comme le principal groupe terroriste de Tunisie, actif dans la région du mont Chaambi, à la frontière avec l’Algérie.

De 2.000 à 3.000 Tunisiens combattraient par ailleurs dans les rangs des jihadistes à l’étranger, en Syrie, en Irak et en Libye. Cinq cents autres jihadistes tunisiens sont pour leur part rentrés au pays, selon la police, et sont considérés comme une des plus grandes menaces pour la sécurité du pays. Des Tunisiens combattant avec le groupe Etat islamique (EI), très actif en Syrie et en Irak, ont par ailleurs menacé leur patrie ces derniers mois.

En avril 2002, un attentat suicide, revendiqué par Al Qaïda, contre une synagogue à Djerba (sud) avait fait 16 morts parmi les étrangers – 14 Allemands et deux Français – ainsi que cinq Tunisiens.

Par Mounir Souissi et Kaouthar Larbi

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