Cinéma: Chaïbia et le soulèvement du Rif font sensation au festival de Tanger

La 16e édition du Festival du film national se termine samedi 28 février. Pour l’instant, un biopic sur Chaïbia et un documentaire sur le soulèvement du Rif à la fin des années 50 semblent bien placés pour un prix.

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Chaibia du réalisateur marocain Youssef Britel

Le Festival national du film de Tanger, qui met à l’honneur le cinéma marocain, a débuté le 20 février. Quinze films sont en compétition : Un pari pimenté de Mohamed Kaghat, Les transporteurs de Said Naciri, Les feuilles mortes de Younes Reggab, Le coq d’Abdellah Toukouna, La nuit entr’ouverte de Tala Hadid, La moitié du ciel d’Abdelkader Lagtaâ, L’orchestre des aveugles de Mohamed Mouftakir, L’écharpe rouge de Mohamed Lyounsi, Khnifist R’mad de Sana Akroud, Karyan Bollywood de Yassine Fennane, Dallas de Ali El Mejboud, Aïda de Driss El Mrini, Agadir Express de Youssef Fadel, Chaïbia, la paysanne des arts de Youssef Britel et Rif 58-59, briser le silence de Tarik El Idrissi.

Les deux derniers films cités ont fait sensation lors de leur présentation au festival, et ont été applaudis chaleureusement par le public. Dans son biopic, Britel revient sur le fabuleux destin de Chaïbia Talal, née en 1929 dans un petit village près d’El Jadida. Mariée à 13 ans, elle se retrouve rapidement veuve, avec un enfant à charge. Analphabète, elle a commencé à peindre à 25 ans, soutenue par son fils: elle vit alors à Casablanca. Puis un critique d’art français découvre ses tableaux, et c’est le début d’une autre vie pour celle dont les œuvres se vendent jusqu’à un million de dirhams.

Quant à Tarik El Idrissi, avec le documentaire Rif 58-59, briser le silence, il revient sur un épisode de l’histoire marocaine, très longtemps resté tabou. Celui de la révolte des habitants des provinces rifaines, juste après l’indépendance du Maroc. Ces derniers ont souffert d’une féroce répression de la part du pouvoir alors qu’ils étaient dans une situation économique et sociale très précaire. Un film qui a ému, jusqu’aux larmes, le président du jury de cette 16e édition, l’écrivain Mohamed Berrada.

Ci-dessous, la bande-annonce de Rif 58-59, briser le silence

Le palmarès de la 16e édition du festival sera présenté samedi 28 février.

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