El Khalfi: «Le rapport de RSF ne reflète pas la réalité de la presse»

Le ministre de la Communication a encore une fois contesté le rapport de RSF sur la liberté de la presse et affirme qu’il ne reflète pas la réalité de la presse au Maroc.

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Mustapha el Khalfi lors du point presse après le conseil de gouvernement.
Mustapha El Khalfi. Crédit: AFP

Lors d’un point de presse à l’issue du Conseil du gouvernement qui s’est tenu le 12 février, Mustapha El Khalfi n’a pas manqué l’occasion d’évoquer le rapport publié par l’ONG Reporters sans frontières (RSF) le même jour. Ce rapport, qui accorde au Maroc une légère hausse de six places (130e sur 180 pays) dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF, regrette le fait que « la liberté de l’information reste entravée dans les textes et dans la pratique par des “lignes rouges” que sont la monarchie, l’islam et l’intégrité territoriale, ainsi que les interdictions de publication pour “délit de blasphème” ». Pour l’ONG, « plusieurs amendements sont nécessaires afin de respecter les standards internationaux en matière de liberté d’information ».

Mustapha El Khalfi a préféré retenir que le classement ne parle pas de « régression mais plutôt d’une avancée malgré le fait qu’il y a encore d’autres défis à relever », soulignant qu’aucun emprisonnement de journalistes marocains n’a eu lieu en 2014. « Ce rapport ne reflète pas la réalité de la presse qui est actuellement en évolution », a-t-il précisé.

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RSF constate effectivement que le Maroc a accompli des avancées, en insistant sur les trois projets de loi sur la presse et l’édition, le statut du journaliste professionnel et le Conseil national de la presse. Pour RSF, « ces textes présentent une certaine avancée notamment en ce qui concerne l’abandon des peines de prison pour les infractions de presse ».

Le Maroc, avant-dernier du Maghreb

Selon ce rapport 2015, le Maroc a obtenu une note de 39,19 et a gagné 6 places en comparaison avec les années 2012, 2013 et 2014. Toutefois, sur le plan africain, classé 36e, il est dépassé par plusieurs pays en matière de la liberté de la presse, notamment par la Namibie (17e), le Ghana (22e), le Cap-Vert (36e), la République centrafricaine (110e) et le Soudan du Sud (125e).

Au niveau du Maghreb, le royaume est devancé par la Mauritanie (55e), l’Algérie (119e) et la Tunisie (126e). Seule la Libye est moins bien classée. Le Maroc ne fait pas également bonne figure comparé à d’autres pays du Moyen-Orient comme le Koweït (90e), le Liban (98e), le Qatar (115e), les Emirats arabes unis (120e) et l’Afghanistan (122e).

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