Les frères Coen, le président à deux têtes du jury de Cannes 2015

Les cinéastes américains Joel et Ethan Coen, qui avaient obtenu la Palme d'or en 1991 pour Barton Fink, présideront le jury du 68e Festival de Cannes qui se déroulera du 13 au 24 mai 2015.

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C’est la première fois dans l’histoire du Festival de Cannes, dont la première édition a eu lieu en 1946, que le jury sera présidé par deux personnalités. Ils succéderont à la réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion. « Les Coen incarnent un certain cinéma d’auteur universel et grand public, plein d’humour et plein d’originalité dans leur regard sur le monde. La perspective est très belle », a déclaré à l’AFP Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes.

« Nous sommes très heureux de revenir à Cannes », se sont réjouis pour leur  part les frères Coen, cités dans le communiqué. « Nous sommes surtout heureux de l’opportunité qui nous est offerte de voir des films venus du monde entier. Cannes est un festival qui, dès le début de notre carrière, a toujours joué un rôle important pour nous. Et être présidents du Jury, cette année à Cannes, est d’autant plus un honneur que nous n’avons  jamais été présidents de quoi que ce soit », ont-ils ajouté.

Duo presque inséparable, à la fois réalisateurs, producteurs, scénaristes et même monteurs, les frères Coen, Joel, 60 ans, et Ethan, 57 ans, ont été récompensés à plusieurs reprises à Cannes. Après une Palme d’or et un prix de la mise en scène obtenus en 1991 pour Barton Fink, ils ont obtenu le prix de la mise en scène en 1996, pour Fargo, et en 2001, pour The Barber, avant d’être une nouvelle fois  récompensés en 2013, du Grand Prix cette fois, pour Inside Llewyn Davis en  2013.

Deux présidents à Cannes, combien de voix ?

Une ou deux voix pour les frères Coen ? Première dans l’histoire du festival de Cannes, la double présidence du jury décidée pour 2015 soulève une question inédite. « C’est compliqué. On n’a pas fini d’y réfléchir », a déclaré à l’AFP le  délégué général du Festival Thierry Frémaux.

Le jury est habituellement composé de neuf personnes, le président et huit autres membres. Si la configuration habituelle est appliquée, « ça va être dix. Mais si c’est dix, ils sont un nombre pair. Or, on est en nombre impair pour qu’il n’y  ait jamais de problème d’égalité de vote », a-t-il expliqué. « Comment on fait ? Est-ce qu’on donne un vote prépondérant au président ? Oui mais à quel président du coup, puisqu’ils seront deux ? On ne sait pas s’ils auront toujours le même avis, j’imagine que non. Donc on a encore beaucoup de travail avec eux pour mettre au point tout ça », a-t-il ajouté.

La composition du jury sera annoncée ultérieurement. L’an dernier, elle l’a été fin avril, alors que la sélection officielle des films en compétition pour  la Palme d’or est traditionnellement annoncée mi-avril. Les cinéastes Joel et Ethan Coen « ont envie de discuter avec nous de la composition du jury, de trouver de la cohérence et des oppositions, de la contradiction et des regards venus d’ailleurs (…) Le jury sera, je pense, exubérant, exigeant et représentera tous les amoureux du cinéma », a pour sa part estimé Pierre Lescure, le nouveau président du festival. « Ils s’entendent comme larrons en foire. Ils feront ce qu’ils voudront. Soit ils voteront chacun séparément, soit il s’entendront tous les deux pour voter la même chose et ils n’auront qu’une voix pour tous les deux », a déclaré à l’AFP son prédécesseur, Gilles Jacob. « Il n’y a jamais eu 8 jurés. Il y a eu des années à 10 mais on a diminué à  neuf car on ne veut pas trop de films ex aequo dans le palmarès. Une demi-palme risquerait de chatouiller l’ego des metteurs en scène », ajoute-t-il.

En 1994, le Festival a connu une situation proche de celle de cette année  avec un président du jury, Clint Eastwood, et une vice-présidente, Catherine Deneuve. « On voulait qu’elle soit présidente, elle avait le trac à l’époque quand elle montait sur scène. On a demandé à Clint Eastwood. Ils s’entendaient très bien ». Quentin Tarantino avait cette année-là obtenu la palme avec Pulp  fiction.

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