Un « cyberjihadiste » marocain jugé en France

Fahd Jobrani,« cyberjihadiste » accusé d'avoir projeté des actions violentes au Maroc, comparaît les 19 et 20 janvier devant le tribunal correctionnel de Paris.

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Al-Qaïda-cyberjihadiste
Photo d'illustration. Crédit: DR

Très actif sur internet où il diffusait ses diatribes jihadistes, le Marocain de 36 ans, est poursuivi pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme, et encourt dix ans de prison.

Identifié en 2012 lors d’une enquête dans une autre affaire, cet habitant d’une petite commune près de Rouen s’était vanté sur un forum sur internet de créer une « katiba », une brigade d’une centaine de personnes pour Al-Qaïda au Maroc. Il passait des heures sur internet, à se répandre ou à regarder des vidéos jihadistes ou des décapitations. Il se décrivait comme un jihadiste souhaitant passer à l’action.

Enturbanné, il se mettait parfois en scène dans des vidéos diffusées sur YouTube, en se livrant à de longues diatribes contre le roi Mohammed VI et souhaitant l’avènement de groupes terroristes armés dans son pays.

Lors de l’enquête, Fahd Jobrani a tenté de minimiser, assurant avoir simplement voulu « faire peur » aux services secrets marocains et « faire croire qu’il y avait quelque chose alors qu’il n’y avait rien« . Pourtant, il se présentait sur internet comme un jihadiste prêt à agir, et pouvait se montrer très méfiant avec ses correspondants, dans la crainte d’être découvert par les services de renseignement.

« Le plus grand diable sur terre« 

Sur le forum où il avait ses habitudes, il s’en prenait également à l’Occident en général et la France en particulier et glorifiait les opérations suicides, qu’il souhaitait voir augmenter. Particulièrement prolixe, il injuriait la France, « le plus grand diable sur terre » selon lui, qu’il appelait à « détruire« . Il appelait aussi à « frapper les ambassades françaises« . Pour l’accusation, l’analyse de ses communications laisse apparaître que ses propos étaient pris au sérieux par ses correspondants et qu’il avait même acquis auprès d’eux une certaine crédibilité, au point que certains, identifiés comme ayant un projet terroriste, s’adressaient à lui comme à un interlocuteur reconnu.

A l’été 2012, Jobrani s’est rendu à Djerba, en Tunisie, pendant une quinzaine de jours pour y rencontrer des « frères« . Selon l’accusation, il avait voulu rencontrer, en vain, un activiste islamiste tunisien, Seif Allah Ben Hassine, alias Abou Lyad, le chef d’Ansar Asharia, principal mouvement jihadiste tunisien classé « terroriste » par la Tunisie et les Etats-Unis, ce dont il a dit durant l’enquête ne pas se souvenir. Abou Lyad aurait fréquenté des camps d’entraînement en Afghanistan où il aurait rencontré Oussama Ben Laden.

L’enquête a permis d’établir que Jobrani s’intéressait au maniement des armes, il avait d’ailleurs consulté la liste des clubs de tirs de son département, et à la confection d’explosifs.

Pour sa défense, Jobrani a expliqué lors de l’enquête qu’il ne s’agissait que de « conneries » restées au stade virtuel et a invoqué la « liberté d’expression« .

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