Les 5 livres de l'année d'Abdellah Taïa

Vous avez raté l'essentiel de la littérature en 2014 ? Pas de souci, l'écrivain Abdellah Taïa vous propose ses cinq livres préférés.

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Abdellah Taïa juste après la remise du Prix de Flore pour son roman Le jour du roi, en 2010. L'auteur a publié l'an dernier La vie lente, aux éditions du Seuil. Crédit: François Guillot / AFP

Depuis Mon Maroc, sorti en 2010, Abdellah Taïa a multiplié les ouvrages, collaborant avec les plus grands et défendant l’idée d’un Maroc plus tolérant, notamment en se mettant à nu dans plusieurs de ses livres, narrant son vécu. C’est ainsi que ce natif d’un quartier modeste de Salé a collaboré avec Frédéric Mitterand en 2007 sur Maroc 1990-1960, et qu’il a initié Lettres à un jeune marocain, un livre collaboratif dans lequel dix-huit écrivains et artistes marocains ont écrit des lettres à un jeune marocain inconnu, symbolisant la nouvelle génération marocaine.

Enfin, le 8 janvier prochain sort Un pays pour mourir, son nouveau roman. « Ce livre raconte l’histoire de Zahira, une prostituée marocaine en fin de carrière à Paris ainsi que de son entourage« , nous explique Abdellah Taïa. De son ami Aziz qui va changer de sexe à Mojtaba, un révolutionnaire iranien homosexuel, Abdellah Taïa révèle des tranches de vie dans son roman tout en préservant un fil conducteur à travers le personnage principal de Zahira. A la veille de la sortie de son nouvel ouvrage, le détenteur du prix de Flore 2010 nous révèle ses cinq coups de cœur littéraires de 2014.

5. Vous n’êtes pas seul ici – Adam Haslett (Editions de l’olivier)

Adam-Haslett_Brigitte-LacombeDans son recueil regroupant 9 nouvelles, Adam Haslett confirme son talent de pouvoir se glisser dans la peau de personnages aussi différents qu’attachants. A travers ses personnages, l’auteur raconte la dépression, l’égarement et l’absence de ce monde. « Je recommande fortement« , nous glisse Abdellah Taïa qui ajoute « c‘est puissant, dérangeant et tellement humain« . En effet, des personnages dont les histoires ont été tissées par Adam Haslett surgit un feu d’artifices d’émotions : on pleure, on rit et on espère avec eux. « J’ai adoré également le premier roman de ce jeune écrivain américain« , insiste l’écrivain de La mélancolie arabe.

4. Hanan qualil – Nawal Al-Saadawi (Editions Dar Al-Adab)

Nawal El SaadawiL’écrivaine égyptienne et médecin psychiatre Nawal Al-Saadawi reste fidèle à sa manière de narrer dans ce recueil de nouvelles. Elle retient et tisse des histoires à travers lesquelles elle défend ses idéaux, avec une liberté de ton qu’elle revendique. Dans Hanan qualil, Al-Saadawi raconte le vécu de femmes de différents âges et de différentes origines sociales. « Je ne me lasserai jamais de lire et de relire tout ce qu’écrit cette immense écrivaine égyptienne« , confie Abdellah Taïa.

3. Plus tard ou jamais – André Aciman (Editions de l’olivier)

220px-Andre_acimanLe dernier roman d’André Aciman raconte une histoire d’amour brève mais intense. Celle d’Elio, jeune garçon cultivé et Oliver, professeur d’anglais reçu en résidence chez ses parents dans une maison d’été en bord de mer. Tous deux vivront des instants de questionnement, de mystère et de tourmente avant de s’avouer leurs sentiments. Très vite, Oliver repart aux Etats-Unis reprendre le cours de sa vie, ils ne se reverront qu’une vingtaine d’années après, découvrant que certains sentiments ne s’oublient jamais. « Une grande histoire d’amour. Et le titre original, Call me by your name, est incroyablement beau« , s’enthousiasme Abdellah Taïa.

2. En finir avec Eddy Bellegueule – Edouard Louis (Editions du Seuil)

eddyDans son premier roman, Edouard Louis révèle un récit poignant, doublé d’une analyse sociétale. Autobiographique, En finir avec Eddy Bellegueule narre les étapes de son enfance et de sa jeunesse et met en relief l’enjeu de devenir homosexuel dans un milieu populaire au nord de la France. « Un premier roman violent, tendre et bouleversant« , commente l’auteur de L’armée du salut. Edouard Louis a reçu le prix Pierre Guénin contre l’homophobie et pour l’égalité des droits pour son premier roman, en mars 2014.

1. Dans le jardin de l’ogre – Leïla Slimani (Edition Gallimard)

contributor_87303_195x320Encore une première oeuvre.  Au fil des pages du roman Dans le jardin de l’ogre, Leïla Slimani raconte le couple face à l’infidélité mais surtout la femme en quête d’absolu. Et ce à travers l’histoire d’amour d’Adèle et Richard, un couple qui élève calmement son fils dans un bel appartement parisien. Pendant son temps libre, Adèle multiplie les rencontres extraconjugales jusqu’à sombrer dans la dépravation sexuelle. « Un roman jouissif, libre et plus complexe qu’on ne le pense. Je l’ai dévoré en à peine deux heures. Puis je l’ai relu« , confie Taïa.

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