L'Boulevard : les artistes propulsés par le Tremplin 2014

Du 19 au 21 septembre, les groupes se sont enchaînés dans les allées des anciens abattoirs de Casablanca pour participer au Tremplin. Aperçu de ce que seront les talents musicaux de demain.

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Le rappeur Mongoose
Le rappeur Mongoose a ouvert le Tremplin. Crédit : Laure van Ruymbeke

Vendredi 19 septembre, 15h, les portes s’ouvrent, laissant le flux de personnes se déverser dans cette fabrique culturelle reconvertie en festival le temps d’un week-end. Le Tremplin est « la genèse de l’association. C’est là où on détecte les talents de la scène de musiques actuelles marocaines de demain », nous confie Momo, alias Mohamed Merhari, l’un des fondateurs du Boulevard.

Crédit : Théo Serfaty
Sous les rythmes des percussions, le Souk s’est aussitôt rempli d’une foule enthousiaste. Crédit : Théo Serfaty

Le Tremplin est une compétition s’étalant sur trois jours, chaque jour étant consacré à un style de musique différent. En parallèle du concours, il y a le Souk, où associations, spectacles de cirque et concerts s’enchaînent tout au long de la journée.

Au Tremplin on somnole, au Souk on s’envole

Le duo de rappeurs Fida2di inaugure la scène du Tremplin et entame les premières notes de la compétition. Premiers sur scène, premiers du classement. Ils emportent la première journée du concours. Ce rendez-vous, ils ne pouvaient pas le rater : « C’est un passage obligé dans toute carrière hip-hop au Maroc », assure le duo.

Avec du punch et une instru efficace, c’est mission réussie. Un des membres du jury nous confie qu’il recherche « de la technique, du flow, des paroles, mais surtout de l’innovation ! »

Les duos défilent, à croire que la condition requise pour participer était d’être deux. Ces binômes rivalisent de talent et de créativité. Des mises en scènes font leurs apparitions, « pour faire la différence avec nos concurrents », explique un des jeunes rappeurs.

Lorsque l’appel à la prière retentit, certains choisissent de se recueillir, d’autres préfèrent garder religieusement leurs places acquises au plus près de la scène. Malgré l’énergie répandue par nombre de groupes, le public ne suit que très peu, voire pas du tout… et n’applaudit que légèrement.

« C’est le Maroc », commente un des jeunes rappeurs. Il faut les charmes d’Eva From Morocco, rappeuse, pour les réveiller. Elle a beau penser que « sur scène, il n’y a pas de différence entre un rappeur et une rappeuse », à l’applaudimètre c’est clairement elle qui l’emporte. Avec Sofia Dragt, pianiste et chanteuse de classique/pop, on constate que le public des abattoirs est friand des jeunes musiciennes.

Au même moment, au Souk, le public est en feu devant les membres de Casa Crew pendant que les jeunes et les moins jeunes se défoulent avec les installations du cirque Colokolo. Ce Souk est le centre névralgique de l’activité. C’est ici qu’on vient se balader, flâner entre les stands et écouter un groupe de percussionnistes de rue. C’est sur sa scène qu’on aura assisté à l’un des meilleurs concerts de l’événement. Tal’Fine et Mobydick y ont fait rugir le public comme rarement ce week-end.

Rock en scène

Le deuxième jour est entièrement consacré au rock. Les cheveux longs et les bottes remplacent les casquettes et les Jordan de la veille. La présence des filles, plutôt faible la veille, se renforce, tout comme l’enthousiasme du public. Le Tremplin confirme sa vocation historique de festival qui permet « aux musiques marginalisées de côtoyer la scène », se réjouit Momo. C’est donc une succession de groupes qui passe sur la scène du Tremplin, jusqu’à la première pause de la journée où le public se dissout au Souk.

Funambuliste sur une corde
Les spectacles de cirque ont égayé les allées des anciens abattoirs tout au long du week-end. Crédit : Théo Serfaty

Les concerts reprennent avec Into the Evernight, formation metal qui séduira le public et le jury avec une prestation à couper le souffle. Le groupe finira par remporter le 1er prix. « Le public nous a insufflé une énergie positive », nous avouera le bassiste du groupe, très content de cette rencontre. Impulse, un autre groupe candidat, réussit tout de même à convaincre après cette performance remarquée. Il remporte le 2e prix du jury.

Plus tard dans la soirée, une fois le concours terminé, Mean Street, Vale Tudo et Milestone Edge, groupes invités, reprennent le relais pour le plus grand bonheur de fans de metal et de rock.

Entre émotion et victoire

Le troisième jour fait honneur à la fusion. Le groupe Mizano, mêlant « musique traditionnelle marocaine et des styles occidentaux (jazz, blues et rock) », passe en second sur la scène du Tremplin et se voit octroyer le 2e prix du jury.

Le gagnant de la journée, Rock Bat, enchaîne à la suite en instaurant un vrai lien avec le public, qui les applaudit chaudement à la suite de leur performance. Ils nous confirmeront par la suite, qu’ils n’ont « jamais eu un feedback aussi intéressant. Le public nous a poussés à donner le meilleur de nous-même ».

La pause nous permet de découvrir S’toon Zoo, une troupe d’improvisation théâtrale. Sous les consignes du metteur en scène, les artistes se mettent à imiter des personnes prises au hasard au détour des allées du festival. Résultat, beaucoup de rire et d’attention du public présent.

La journée et le week-end s’achèvent sur deux performances, l’une de Ali Faik qui finit par faire danser tout le public et l’autre de Waschm’n hit tout en mélodie. Le cirque prend possession de la zone VIP pour improviser un concours de danses des plus joyeux et motivants.

Théo Serfaty