Majid Bekkas : « On sent un engouement du jeune public pour le jazz »

Co-directeur artistique du Festival Jazz au Chellah, Majid Bekkas est un peu l'âme de cet événement. Il partage avec Telquel.ma sa vision personnelle de la musique.

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Majid Bekkas. Crédit : Yassine Toumi

Majid Bekkas peut se targuer d’être l’un des artistes qui prônent le plus le métissage et réinventent le langage de la musique pour en faire une clé de partage. Co-directeur artistique du festival, il a sorti Qantara l’an dernier, un album aux tonalités orientales . 10e disque des musiques du monde de l’année en Europe et parmi les 25 premiers aux Etats-Unis, il reste pourtant humble et partage sa vision personnelle de la musique lors d’un festival qu’il cherche à faire grandir d’année en année.

Vous êtes co-directeur artistique du Jazz au Chellah depuis 1996. Comment procédez-vous  au choix des artistes ?

Je suis musicien à la base, donc je connais bien les gens du domaine. Aussi, je voyage beaucoup, et mes voyages sont ponctués de rencontres. J’en profite pour repérer des talents du Maroc et d’ailleurs. Cette année, par exemple, Alae Zouiten sera programmé pour une rencontre avec For Free Hands, c’est un étudiant en musicologie que j’ai rencontré à Rabat. Comme quoi le hasard des rencontres peut aboutir à de belles collaborations.

Le festival tourne autour du thème de la rencontre, comment se construisent les collaborations ?

Notre festival mise sur le partage, nous choisissons essentiellement des formations musicales ouvertes et désireuses de sortir de leur cocon pour collaborer avec des genres qu’ils peuvent ne pas maitriser à priori. Avec Jean-Pierre Bissot (co-directeur artistique du festival, ndlr), on collabore toujours sur ce point. On commence déjà par essayer de « coupler » des formations qui pourraient avoir des affinités sur scène. S’en suit une prise de contact en amont, souvent sur le net, où les différents groupes discutent, s’échangent des fichiers et des morceaux. Tout ce travail aide à construire une vision commune de la collaboration pour que l’essentiel soit mis en place une fois que l’événement approche, vu qu’ils ne disposent pas d’énormément de temps sur place.

Quel bilan tirez-vous aujourd’hui de l’évolution du festival depuis ses débuts, il y a 19 ans ?

Un bilan assez positif en somme. Nous sommes déjà fiers de la qualité des collaborations qui s’améliorent d’année en année. Le public est plus nombreux chaque année et on sent vraiment un engouement du public jeune pour le jazz, genre qui ne le séduisait pas auparavant. Aussi, nous avons sorti les enregistrements de l’ensemble des concerts des éditions précédentes.