HRW qualifie le massacre de Rabaa de «crime contre l'humanité»

« Crime contre l'humanité ». C'est ainsi que qualifie l'ONG américaine Human Rights Watch la répression contre les Frères musulmans en Égypte.

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Un manifestant au Caire portant la pancarte symbolisant la répression de la place Rabaa El Adaouia. Crédit : AFP

L’ONG américaine Human Rights Watch se prononce au sujet du massacre de Rabaa et n’y va pas par quatre chemins. Un rapport d’une centaine de pages dissèque les moindres dérives sécuritaires des autorités égyptiennes ainsi que les massacres qu’ils ont pu orchestrer. HRW y relève notamment une « augmentation inquiétante de l’utilisation d’une force disproportionnée suite à la destitution de Mohamed Morsi, premier président civil élu, et un des dirigeants de la jamaâ des Frères musulmans ».

1150 morts, un « crime contre l’humanité »

Suite à ce que nombre d’observateurs présentent comme étant un coup d’État, l’enquête de l’ONG, qui a duré plus d’une année, note que 1 150 personnes ont trouvé la mort dans la répression de l’armée, 10 jours durant après la destitution de Mohamed Morsi. Parmi ces victimes figuraient des manifestants, des médecins, des fonctionnaires, des journalistes ainsi que des avocats.

A cela, l’ONG rajoute qu’ « il ne s’agit pas de violations du droit interne ou international, mais plutôt de crime contre l’humanité ». L’argument avancé par les autorités concernant les violences est que les manifestants disposaient d’armes à feu. Ce que l’enquête nuance : « Les armes n’ont été utilisées qu’à de rares exceptions et de rares fois ».

Premier anniversaire du massacre de Rabaa

Le rapport revient également sur le massacre de Rabaa qui fêtait le 14 août sa première année. On y lit que les forces de sécurité y ont procédé à l’élimination en masse de tous les manifestants pro-Morsi se trouvant sur la place Rabaa El Adaouia, dans le quartier de ville de Nassr. Pour cela, l’armée et la police ont eu recours à des armes à balles réelles, mais aussi à des avions de chasse et des blindés, ce qui a causé la mort de plus de 817 personnes.

Par ailleurs, le rapport final de l’enquête pointe les responsables des massacres en les citant. On y reconnaît notamment Mohammed Ibrahim, en ses qualités de ministre de l’Intérieur, Abdelfettah Sissi, qui était à l’époque ministre de la Défense, Medhat Al Menchaoui, dirigeant des forces spéciales (celles qui ont perpétré le massacre de Rabaa). D’autres responsables sont également pointés du doigt.

Dans son rapport, HRW fait également des recommandations. A l’adresse du gouvernement égyptien, l’ONG demande de reconnaître les massacres orchestrés et son usage illégitime de la violence, mais aussi la publication des travaux des commissions d’enquête. Aux Nations unies, elle recommande la création d’une commission internationale pour enquêter sur tous les violations flagrantes des droits de l’Homme.

Lire aussi le rapport de Human Rights Watch dans son intégralité (en arabe).

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