Sans-papiers : Anis Birou dresse le bilan, la société civile réclame plus

Près de cinq mois après le lancement de la campagne nationale pour la régularisation des migrants illégaux au Maroc, le nombre de cas traités reste faible et le problème de l’intégration reste toujours posé.

Le ministre chargé des MRE et des Affaires de migration Anis Birou s’est expliqué le 21 mai devant les membres de la commission des affaires étrangères de la première chambre du parlement. Le ministre a révélé que 15 235 demandes de régularisation d’immigrés en situation irrégulière ont été enregistrées depuis le début de l’opération le 1er janvier et ce jusqu’au 20 mai. Ces requêtes ont été déposées par des ressortissants de 95 nationalités  venant d’Afrique, d’Europe et d’Asie. Au total, 1 152 cartes de séjour ont été délivrées depuis le début de cette opération qui devrait se poursuivre jusqu’à la fin de l’année 2014.

Pour Anis Birou, l’opération « se déroule dans de bonnes conditions ».  Le ministre répond ainsi indirectement aux critiques d’associations qui réclament l’assouplissement des procédures, considérant trop faible le nombre de régularisés.

Réduire le nombre de justificatifs

En effet, un rapport conjoint du FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’homme et du GADEM (Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants)  vient  contredire les propos d’Anis Birou sur la bonne tenue des opérations. Le document pointe du doigt « l’obligation  pour le bénéficiaire de justifier son identité avec le passeport alors que beaucoup de personnes concernées n’en possèdent pas ».

Le rapport regrette également l’obligation de présenter un contrat de location ou un contrat de travail, alors que certains propriétaires et des patrons ne déclarent pas les locataires ou les travailleurs aux services fiscaux. De surcroit, ils craignent d’être poursuivis en Justice pour avoir embauché ou hébergé des sans papiers. Autre contrainte dont les associations demandent la levée, celle imposée aux personnes mariées à des Marocains qui doivent justifier de deux années de mariage continu.  

En guise de solution, le FIDH et le Gadem proposent de « réduire les critères de sélection au niveau minimum et accepter les témoignages verbaux des habitants, des patrons et des associations concernant les migrants ».

Des classes spécialisées pour les enfants de migrants

La facilitation des procédures n’est pas la seule recommandation formulée par la société civile et les parlementaires au ministre.  En plus de régulariser la situation des étrangers, l’Etat est appelé à réfléchir à la manière de les intégrer. «Nous réfléchissons à un politique d’aide à l’intégration pour que les migrants aient les même droits que les Marocains», nous explique Mehdi Bensaïd, président de la commission des affaires étrangère à la première chambre.Concrètement, cela devrait prendre la forme de classes préparatoires pour intégrer les enfants dans l’école marocaine. Pour les femmes migrantes, elles devraient bénéficier de cours pour leur faciliter l’accès au marché du travail, détaille Mehdi Bensaïd.

«Si demain nous voulons que les Marocains soient bien considérés  dans leurs pays d’accueil, nous devons commencer à bien traiter les étrangers qui arrivent au Maroc » reconnaît le député, pour qui le plus urgent est de sensibiliser les Marocains. «Il faut leur montrer que les migrant peuvent être une source de richesse pour le pays, conclut-il.

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