Les parlementaires veulent «surveiller» la CDG

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Anas Alami a ete auditionnee

Le patron de la CDG a enfin passé son oral devant les conseillers de la 2e chambre. Les parlementaires se sont surtout intéressés au cadre légal et au contrôle de cet établissement public qui brasse des milliards.

Anas Alami, directeur général de la CDG (Caisse de dépôt et de gestion) s’est livré au jeu des questions réponses mercredi, devant les membres de la commission des finances de la Chambre des conseillers. Objectif de cette «opération transparence» : donner les détails des comptes de la CDG, aborder le mode de gouvernance et de contrôle interne de cet établissement et répondre aux interrogations des conseillers.

On apprend que le budget consolidé du groupe s’élève à 185 milliards de dirhams pour l’exercice 2013. Les dépôts s’établissent quant à eux à 80 milliards de dirhams, soit une progression de 10,8% durant les six dernières années.

Au delà des chiffres, cette rencontre est surtout une grande première pour les membres de la deuxième chambre de l’hémicycle. Ces derniers ont sollicité à quatre reprises, et depuis 2012, le patron de cet établissement public avant de voir leur vœu exaucé.

La dernière sortie du genre d’Anas Alami remonte à 2012. A l’époque, le directeur général de la CDG s’était contenté d’un exposé devant les députés de la première chambre, sans que cela ne soit suivi d’une séance de questions-réponses.

Cette fois, le débat  a pu avoir lieu et il a porté essentiellement sur le cadre juridique de la CDG et le monitoring de son activité. A l’heure actuelle, la CDG est contrôlée par des commissions, dépendant notamment de Banque du Maroc et du ministère des Finances.  Ce mécanisme est jugé insuffisant par les conseillers. 

Une nouvelle réunion dans un mois

«Un établissement de la taille de la CDG est toujours régi par une loi qui date de 1956 ! », regrette Mohamed Daidaa, président du groupe fédéral de l’unité et de la démocratie. Le parlementaire appelle à la mise en place d’un «conseil d’administration» et d’un «statut légal pour les fonctionnaires».

Il préconise que le conseil d’administration soit présidé par le chef du gouvernement et que des parlementaires y siègent. «La CDG gère 33,5 milliards de dirhams issus des cotisations à la CNSS. Il est donc normal qu’elle soit surveillée par le parlement », justifie Mohamed Daidaa.

Autre question soulevée : le détail et la rentabilité des investissements réalisés dans les 99 sociétés et filiales de la CDG.

Cette dernière question et la problématique du cadre juridique seront de nouveau discutés, à l’occasion d’un prochain grand oral promis par Anas Alami. La réunion devrait avoir lieu « dans maximum un mois », nous confie Mohamed Daidaa.

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