Tensions entre l'Europe et le Maroc autour de la pêche

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La Commission européenne a affiché lundi 28 avril, son impatience envers le Maroc, lui reprochant de tarder à rouvrir ses eaux aux pêcheurs de l’UE, sur fond de tension entre les deux parties sur les exportations marocaines de fruits et légumes. 

La Commission s’émeut du retard pris par Rabat à permettre l’entrée en vigueur d’un accord bilatéral de pêche, conclu en 2013, et ouvrant les eaux du royaume à 126 bateaux de pêche européens, surtout espagnols.  Privés d’accès à ces ressources depuis décembre 2011, les pêcheurs de l’UE « attendent avec impatience l’entrée en vigueur de cet accord« , a déclaré la porte-parole de la Commission pour la Pêche, Helene Banner. « L’absence de finalisation par le Maroc de son processus de ratification interne est regrettable« , la Commission attend du Maroc qu’il le conclut « le plus vite possible », a-t-elle ajouté. 

En attente de la signature du roi

Selon Bruxelles, l’application de l’accord, ratifié à l’unanimité par le parlement marocain en février, deux mois après sa ratification par le parlement européen, n’est désormais plus suspendue qu’à la signature du roi, une étape en principe protocolaire. Laborieusement négocié pendant deux ans, l’accord sur la pêche prévoit le versement sur quatre ans d’une enveloppe de 40 millions d’euros pour le Maroc. Le précédent accord avait été dénoncé fin 2011 par le Parlement européen, des députés considérant qu’il ne prenait pas assez en compte les intérêts de la population du Sahara occidental.

Le rappel à l’ordre de la Commission intervient alors qu’un contentieux a éclaté entre le Maroc et l’UE sur les conditions douanières d’accès au marché européen des fruits et légumes extra-communutaires. Selon Rabat, la réforme de ces règles, avalisée en avril par l’UE, va entraîner un renchérissement du prix de ses produits, alors que selon Bruxelles, elle vise à simplifier le régime en vigueur, et à mieux prévenir de possibles fraudes. 

Une réunion technique entre les deux parties a été annoncée pour ces prochains jours par un des responsables du dossier à la Commission, Jerzy Plewa. L’exécutif européen veut « mieux comprendre » les craintes marocaines, « expliquer les contraintes, pour la Commission européenne (…) et trouver une solution dans les limites possibles de celles-ci », a-t-il précisé. 

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