Trip'Tic

Tram low-cost

Incroyable mais vrai ! Le tramway de Casablanca devrait finalement coûter moins cher que prévu. Sur les 6,4 milliards budgétisés initialement, la société chargée du chantier pourrait économiser 500 millions de dirhams. Un joli pactole en ces temps de dèche pour les finances publiques. Mais c’est surtout une première : dans les marchés publics, Maroc SA a généralement l’habitude d’accorder des rallonges ou de concéder des dérogations pour rester dans le budget. Pour cette prouesse donc, les responsables de Casa Tramway méritent une reconnaissance : il faudrait au moins donner leurs noms à des stations de tram. Mais on ne va pas non plus mettre les wagons avant la locomotive. Il faut attendre la mise en service de ce fameux train de ville, pour constater si l’allègement de la facture ne repose pas sur des économies de bout de chandelle. Car cela pourrait générer de mauvaises surprises : un matériel roulant qui cale ou des voies inondées à la première averse. Il y a aussi les délais qu’il faut tenir. La date 12/12/2012 sera d’ailleurs une délivrance pour les Bidaouis, qui slaloment depuis trois ans entre les différentes installations de chantier. Si tout se passe sans bug, il faudrait illico confier le chantier du TGV à l’équipe de Casa Tramway. Ça nous ferait le plus grand bien de gratter quelques milliards sur ce projet démesuré !

Be happy…

A croire le rapport du Earth Institute de l’Université de Columbia, il y a de quoi se tirer une balle dans la tête. Direct, sans trop y réfléchir. Selon ces experts, qui se sont penchés sur le bonheur dans le monde, les Marocains seraient malheureux, très malheureux. C’est ce que nos concitoyens ont déclaré aux enquêteurs venus les sonder. Nous sommes ainsi classés 105ème sur un total de 156 pays. Même l’Irak et le Pakistan nous devancent. Pourtant, ce n’est pas chez nous que l’on risque de sauter sur une bombe ou de se manger une balle perdue. Nous sommes aussi loin derrière l’Arabie Saoudite. Bizarre, sachant que ce sont bien nos frères arabes qui se tapent 6 heures de vol pour venir s’éclater chez nous, changer de la morosité de leurs soirées où on carbure à la bière halal et où on drague par SMS défilant sur Dream TV. Et toujours selon ce rapport, le Maroc ne pourra jamais rivaliser avec les pays scandinaves, indéboulonnables premiers de la classe dans tout genre de classement. Ces gens –chez qui il fait nuit 6 mois sur 12– sont tellement déprimés qu’ils enregistrent des taux de suicide record. Chez nous en revanche, il y a le soleil, les plages, les nanas en bikini, les bars (pourvu que ça dure). Alors, si nous ne nageons pas dans le bonheur, c’est que le bien-être nécessite plusieurs autres ingrédients : un système de santé fiable, une certaine justice sociale, un système éducatif performant… La liste est longue. En attendant d’améliorer tout cela, notre malheur continuera de faire le bonheur des autres.

Le sens des priorités

Le parlement a fermé, le parlement a ouvert. C’est passé presque inaperçu, puisque nos vaillants élus n’ont pas fait de pause. Ils ont enchaîné sur la session printanière juste après la clôture de la session extraordinaire. Cette dernière a été exclusivement consacrée au vote du projet de Loi de Finances. Un processus qui a dû coûter à notre nouvel argentier, Nizar Baraka, au moins 3 ans d’espérance de vie… tellement l’opposition a été farouche à l’égard de son projet de budget, qui sent le réchauffé. Mais les choses sérieuses vont à peine commencer pour le gouvernement. Le parlement devra se consacrer aux autres projets de lois, notamment les lois-cadres prévues par la Constitution. Et elles sont tellement nombreuses (plus d’une vingtaine) qu’il va falloir fixer des priorités. En toute logique, c’est la loi organique traitant des régions qui devrait passer en premier. Elle est déterminante pour l’élaboration d’autres textes législatifs. Exemple, la future loi organique des finances est censée consacrer une approche régionale dans la répartition du budget de l’Etat. Théoriquement, on ne peut la concevoir sans avoir, au préalable, une idée précise du découpage régional. Cette loi sur la régionalisation est aussi incontournable pour l’élection d’une nouvelle Chambre des conseillers que l’on veut organiser avant la fin de cette année. Pourtant, l’élaboration de ce projet de régionalisation ne semble pas être à l’ordre du jour de nos parlementaires. Et pour cause, le dossier est épineux et son coût politique risque d’être élevé. Alors on préfère regarder ailleurs, quitte à laisser moisir le rapport rendu par la commission Azziman début 2011 qui a mâché le travail. Il faut croire que la realpolitik prend souvent le dessus sur l’efficacité de la gouvernance. 

Rejoignez la communauté TelQuel
Vous devez être enregistré pour commenter. Si vous avez un compte, identifiez-vous

Si vous n'avez pas de compte, cliquez ici pour le créer