Que va changer la présence de la CGEM à la deuxième chambre ?

Pour la première fois, la loi sur la régionalisation accorde à la CGEM 8 des 120 sièges que compte désormais  la chambre des conseillers. 

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Siège de la CGEM. Crédit: DR

Le 9 septembre, la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc) a procédé à l’élection du collège électoral qui désignera les huit personnes chargées de représenter les intérêts du patronat marocain à la Chambre des conseillers. Ce sera la première fois que le syndicat des patrons sera représenté devant cette institution constitutionnelle. Pour cette première, l’organisation compte « défendre ses intérêts » et ne s’inscrira pas dans une « logique de parti » nous indique Fadel Agoumi, directeur délégué de la CGEM .

«Aucune discipline de vote»

Cette nouveauté dans la deuxième chambre est considérée comme un progrès par le professeur de droit constitutionnel, Mustapha Sehimi, car «elle élargit le spectre de la représentativité socioprofessionnelle», nous déclare-t-il.

Mais qu’est-ce que va changer réellement cette présence nouvelle de la CGEM dans la deuxième chambre? Pour Sehimi, «cela serait intéressant de voir quelle sera son influence au-delà de la logique arithmétique». «Ni la majorité ni l’opposition ne pourront compter sur la discipline de vote des conseillers de la CGEM» explique le professeur. Une sorte d’électron libre, donc. Mais de quel levier la CGEM va disposer au sein de la deuxième chambre ? Et de quelle marge de manœuvre dispose-elle pour appliquer son programme?

Pour rappel, huit représentants de la CGEM seront présents à la Chambre des conseillers. En vertu du règlement de la Chambre des conseillers, 12 Conseillers sont requis pour former un groupe parlementaire. Douze membres dont la CGEM ne dispose pas. Elle pourra toutefois former un groupement parlementaire dont la formation ne requiert que trois députés. Toutefois les groupes parlementaires disposent de moyens limités contrairement aux groupes parlementaires qui peuvent, par exemple, « présider une commission parlementaire ou recevoir des délégations étrangères » explique Mustapha Sehimi.

 «Pas d’alliances durables»

La CGEM sera  donc réduite à avoir un groupement parlementaire. Mais, elle peut siéger dans les commissions et participer aux votes. Quid des alliances? Elles n’obéiront pas à un schéma classique étant donné que la CGEM est une organisation apolitique, ou du moins sur le papier. «Les alliances ne seront pas durables», nous assure Agoumi. Autrement dit,  le CGEM bougera entre opposition et majorité selon son programme et les dossiers sur lesquels elle veut peser. Pour avoir une idée sur ce programme, il faut attendre la campagne électorale des candidats à la représentation de la CGEM au parlement.

Ensuite, si théoriquement, la CGEM peut rejoindre un groupe parlementaire afin d’augmenter les leviers dont elle dispose, «cette option ne sera pas envisageable» selon Sehimi. Pour cause, «ça va les contraindre à avoir un marquage politique qui ne représente pas les différentes composantes du syndicat patronal, qui compte plusieurs courants politiques».

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