Explosion des transferts d’argent des MRE : quelles pistes d’explication ?

Les envois d’argent de la diaspora connaissent une hausse spectaculaire depuis le début de la pandémie de Covid-19 : + 42,5 %, en un an, à fin septembre 2021. Comment comprendre ce phénomène ? Diaspora a interrogé plusieurs spécialistes et passe au crible les hypothèses les plus crédibles.

Par

Dessin d'illustration réalisé par Coupleflkharij pour Diaspora.

Les MRE arrivent généralement au Maroc avec plusieurs centaines d’euros, qu’ils changent directement auprès des banques ou auprès des bureaux clandestins. Cet argent vise à couvrir leurs dépenses courantes, mais aussi à acheter des cadeaux, ou tout simplement à constituer des dons pour leurs proches. Tous ces montants, qui étaient dépensés directement au Maroc, ont été mis de côté depuis le début de la crise et envoyés à la famille, s’inscrivant par conséquent dans les chiffres des transferts”, commence par avancer Jamal Bouoiyour, maître de conférence en économie du développement à l’université de Pau, dans le sud-ouest de la France.

Au delà des dépenses privées des MRE, il existe une économie de la circulation des flux monétaires liés aux déplacements des Marocains à travers le monde. Celle-ci, avec les fortes restrictions à la circulation induites par la crise sanitaire, est passée de réseaux cachés voire franchement illégaux à des voies bancaires légales”, ajoute le “migratologue” Mehdi Alioua, enseignant-chercheur à Sciences Po Rabat.

L’argent liquide privilégié

L’explication de la “visibilisation” de flux cachés jusqu’ici par les déplacements, souvent reprise – y compris par le directeur de l’Office des changes lui-même –, est toutefois à relativiser car elle part du constat que la crise sanitaire a réduit les visites des MRE au Maroc. Or, selon les déclarations de Hassan Boulaknadel, patron de l’Office, les virements bancaires proprement dits ne représentent que 30 % des transferts de fonds actuels attribués aux Marocains du monde. Le reste est composé des envois via des services comme Western Union ou La Poste, et surtout d’argent liquide changé auprès des banques. En 2001, ce dernier canal représentait déjà 44 % des transferts – contre 8 % pour La Poste.

Lisez la suite de l’article sur
article suivant

Gouvernement : le trio RNI-PAM-Istiqlal accouche d’une Charte commune