De l’autoritarisme sanitaire

Par Réda Dalil

Khalid Aït Taleb a encore frappé. Annonçant la mise en place d’un pass vaccinal le lundi 18 octobre pour une entrée en vigueur trois jours plus tard, le ministre de la Santé, repêché in extremis, renoue avec ses vieilles méthodes: mettre le citoyen devant le fait accompli, pénétrer par effraction dans son quotidien, ne jamais engager de débat. Si l’activation d’un pass vaccinal se justifie, l’autoritarisme dont fait montre le ministre sonne comme une punition à l’encontre d’une population qui serait réfractaire à la vaccination. Or, avec 21 millions de deuxièmes doses administrées, le Maroc affiche un des taux de vaccination les plus élevés du monde. De plus, comme le note l’épidémiologiste Jaâfar Heikel, les indicateurs sanitaires ne prêtent guère à l’affolement, ils témoignent au contraire d’un reflux de la menace. Pourquoi donc cet emballement qui ne rappelle que trop la débandade de l’Aïd Al Adha du 23 juillet 2020. Cette journée d’été où une décision exécutable quelques heures après son annonce a provoqué “le grand déplacement”, sans doute à l’origine d’une deuxième vague de propagation du virus. La disproportion…

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