Des batteries qui se rechargent trois fois plus vite que celles de Tesla : les arguments de Rachid Yazami pour révolutionner la voiture électrique

Actuellement professeur en énergétique à l’université technologique de Nanyang, à Singapour, Rachid Yazami a mis au point un procédé qui permet de diviser par trois le temps de charge des véhicules électriques. Les voitures du futur seront-elles moins autonomes mais plus efficaces ? Le chercheur marocain, qui vient de lancer à Fès un centre d’excellence sur les batteries, en fait le pari et nous explique pourquoi.

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Diaspora par TelQuel

Rachid Yazami a battu le record mondial de vitesse de recharge : 20 minutes. Trois fois plus rapide que Tesla qui, pour un matériel à même usage, prendra une heure. D’emblée, le sexagénaire met en perspective les enjeux : “Le problème de la charge rapide est devenu crucial à partir du moment où l’industrie du transport s’oriente vers la voiture électrique. Les véhicules à combustion interne – ceux fonctionnant avec un moteur thermique –, vont être remplacés par des moteurs électriques avec des batteries.”

Le lauréat du Prix Draper, équivalent du Nobel pour les ingénieurs, développe : “Quand vous faites le plein de votre véhicule thermique, il faut compter tout au plus 5 à 10 minutes pour que le réservoir soit plein, et ensuite vous pouvez rouler entre 400 et 800 kilomètres, selon le modèle de voiture et le type de conduite. Aujourd’hui, il n’y a pas de système qui permette de charger votre batterie électrique en 10 minutes et de parcourir de telles distances.” D’où l’importance cruciale de réduire le temps de charge avant d’envisager le passage au tout-électrique.

Équation, algorithme et brevets

Pour y parvenir, celui qui a inventé dans les années 1980 l’anode en graphite (utilisée aujourd’hui dans 95 % des batteries lithium-ion) a mis au point un procédé auquel personne n’avait pensé auparavant, recourant à la méthode de “Voltammétrie non linéaire” (NLV). En 2009, il écrit les  équations de ce principe et dépose un premier brevet. Il est alors chercheur associé au California Institute of Technology, sur la côte ouest des États-Unis.

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