Nucléaire : Blinken ne voit “pas encore” de signe encourageant de l’Iran

Le chef de la diplomatie américaine Blinken a affirmé le 23 mai que Téhéran n’a pas montré de volonté à faire le nécessaire pour se conformer de nouveau à l’accord sur le nucléaire iranien et permettre ainsi la levée de certaines sanctions américaines.

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Antony Blinken, chef de la diplomatie américaine. Crédit: AFP

La question à laquelle nous n’avons pas encore de réponse est de savoir si l’Iran, en fin de compte, est prêt à faire le nécessaire pour se conformer de nouveau à l’accord”, a affirmé le secrétaire d’État américain Antony Blinken sur la chaîne de télévision CNN.

Accord en péril

Conclu en 2015 à Vienne, ce “plan d’action global commun” (JCPOA, selon son acronyme anglais) est moribond depuis que les États-Unis s’en sont retirés en 2018 sous la présidence du républicain Donald Trump.

Mais la nouvelle administration du démocrate Joe Biden souhaite le remettre sur les rails et elle vient de tenir avec l’Iran plusieurs sessions de négociations indirectes, avec l’aide des autres États parties à l’accord (Allemagne, France, Royaume-Uni, Chine et Russie).

“Nous savons quelles sanctions vont devoir être levées si elles ne sont pas compatibles avec l’accord nucléaire”, a encore expliqué Antony Blinken sur la chaîne ABC. “L’Iran, je crois, sait ce qu’il doit faire pour revenir au respect de l’accord sur les aspects nucléaires, et nous n’avons pas vu si l’Iran est prêt à prendre une décision”. “C’est l’enjeu, et nous n’avons pas encore la réponse”, a-t-il ajouté.

Les principaux diplomates qui ont œuvré à la conclusion d’un accord sur le nucléaire iranien, le 14 juillet 2015 à Vienne.

“La levée des sanctions de Trump (…) est une obligation légale et morale. PAS un outil pour prendre l’avantage dans les négociations”, a réagi sur Twitter le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif. Cela “n’a pas marché pour Trump, (cela) ne marchera pas pour vous”, a-t-il ajouté.

“La date de péremption de l’héritage de Trump est dépassée. Laissez-le tomber”, a encore écrit M. Zarif, à l’attention de M. Biden.

Négociations en progression

La dernière session des négociations pour relancer l’accord de Vienne s’est terminée mercredi dans la capitale autrichienne sur une note positive, les participants faisant état de progrès.

“Nous avons bien avancé. Un accord prend forme”, avait déclaré à l’issue de la rencontre le diplomate européen Enrique Mora, qui chapeaute les discussions.

Le président iranien Hassan Rohani, dont le pays est asphyxié par les sanctions économiques, avait estimé de son côté que de “grandes étapes” avaient été franchies.

Les pourparlers doivent reprendre en début de semaine dans la capitale autrichienne.

Prolongation de l’accord exigée

Mais il faut d’abord que l’Iran prolonge l’accord technique “temporaire” signé le 21 février avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), et arrivé à échéance ce week-end.

Ce texte “bilatéral technique”, conclu initialement pour une durée de trois mois, permet au gendarme onusien du nucléaire de maintenir “le degré nécessaire de surveillance” sur place, malgré la décision de Téhéran de restreindre les inspections.

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, devait initialement tenir dimanche une conférence de presse sur le sujet au siège de l’organisation à Vienne.

Or “les consultations se poursuivent” encore, a précisé dans la soirée l’agence, qui prévoit désormais une annonce lundi matin.

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