Stranger : un thriller à couper le souffle sur la corruption dans les hautes sphères coréennes

Des personnages machiavéliques, des décors austères, des cadrages froids, la série “Stranger” 
réunit tous les éléments pour nous faire découvrir le côté sombre de la société coréenne.

Par

Stranger, de Lee Soo-Yeon.
Vous serez bluffés par la précision de Stranger, de Lee Soo-Yeon. Crédit: DR

Une écriture de génie et une énorme prise de risque. Le showrunner de la série coréenne Stranger, Lee Soo-Yeon, a réussi son pari : mener les 16 épisodes de toute une saison (la première) en se concentrant sur une seule enquête.

Et de refaire le coup durant la deuxième saison.

Si vous avez apprécié la justesse et la créativité de films comme Memories of Murder de Bong Joon Ho et The Chaser de Na Hong-Jin, vous serez bluffés par la précision de Stranger.

Chaque épisode de cette série, d’une durée de plus d’une heure, est un voyage en soi.

Stranger Affiche
Les deux saisons de Stranger, de Lee Soo-Yeon, sont disponibles en ligne.

Hwang Shi-Mok est un procureur reconnu par ses pairs pour son talent et son intégrité. Solitaire et peu disert, il mène ses enquêtes en toute discrétion.

Il est peu apprécié par ses collègues qui lui reprochent sa froideur. Son caractère spécial est la résultante d’une opération chirurgicale du cerveau subie lors de son adolescence.

Cette même opération lui a fait perdre toutes ses émotions. Ce procureur redoutable ne connaît ni peur, ni tristesse, ni amour, ni tendresse. Au milieu des situations extrêmes, il reste impassible.

Alors qu’il se rendait chez Park Moo-Sung pour les besoins d’une enquête, Shi-Mok s’aperçoit que celui-ci vient d’être violemment assassiné.

Prenant tout le monde de court grâce à son esprit d’analyse aiguisé, il arrive à attraper un suspect qui sera, par la suite, condamné à 22 ans de prison ferme.

Toutefois, ce procureur découvre finalement qu’il fait fausse route et que la personne condamnée est innocente. Au fur et à mesure de son enquête, d’autres éléments font surface.

L’assassinat de Park Moo-Sung est dû à un enjeu plus grand où sont impliqués de grands responsables et… des collègues de son bureau. D’une affaire minime, on va découvrir qu’il s’agit d’une grande affaire d’État.

Le monde des secrets

Tout au long des deux saisons (32 épisodes), le showrunner ne nous offre qu’une seule enquête.

Aucune histoire secondaire. Aucun lien de complicité ni d’affection ne sera de mise en ce qui concerne le procureur et l’inspectrice chargés de résoudre l’affaire. Les backstories des personnages principaux sont également écartées.

Une histoire unique donc, mais remplie de rebondissements et d’une pléthore de personnages auxquels il est difficile de résister.

Le thème de la corruption généralisée, des administrations et des hautes sphères, attise d’emblée la curiosité

De même, le thème choisi, celui de la corruption généralisée au sein des administrations et d’autres hautes sphères, attise d’emblée la curiosité des spectateurs et les pousse à ne se concentrer que sur l’essentiel.

À cette écriture audacieuse s’ajoute une mise en scène envoûtante qui nous fait percevoir le bureau fédéral des procureurs du district de Séoul Ouest comme un château de cartes, dont chaque élément est important.

Derrière chaque porte de bureau se cache un secret que le procureur et l’inspectrice doivent déceler, afin de mener à bien l’enquête.

De même, la colorimétrie très froide choisie par le réalisateur ne fait qu’accentuer le mystère autour des personnages jusqu’à nous faire croire que le coupable pourrait bien être au milieu de chacun des protagonistes.

Stranger est un thriller à couper le souffle.

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