Ce que signifie la reconnaissance de la Journée internationale de l'arganier, désormais célébrée le 10 mai

La date est désormais entrée dans l’agenda international : chaque 10 mai, le monde va fêter la Journée internationale de l’arganier. À l’initiative du Maroc, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution pour instituer cette journée. Que signifie cette reconnaissance pour le secteur d’exploitation de cet arbre endémique et séculaire ?

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La Journée internationale de l’arganier a été fixée au 10 mai pour marquer l’aboutissement du cycle de maturation du fruit. Crédit: Unsplash

Loin des arganeraies, le quatrième round de réunions-consultations virtuelles des membres de l’Assemblée générale des Nations Unies a porté ses fruits. Dans l’agenda onusien, le 10 mai est désormais la Journée internationale de l’arganier : à l’initiative du Maroc, 113 pays ont adopté, par consensus, une résolution pour entériner la célébration internationale de cet arbre endémique.

Omar Hilale, le représentant du Maroc à l’ONU, résume le sens de cette reconnaissance comme “un plébiscite pour l’économie et l’arganier” au micro de nos confrères de 2M.

Cette décision est une belle reconnaissance de tous les efforts déployés par le pays dans la protection et la valorisation de cet arbre millénaire”, reconnaît l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur son compte Twitter.

Covid-19 oblige, le processus avait à un moment été suspendu. C’est en février 2020, au terme d’un forum co-organisé par l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA) et de plusieurs agences onusiennes que le Maroc a lancé l’idée. Relancée en février dernier, l’initiative marocaine a abouti à la résolution portant sur une Journée internationale de l’arganier, fixée au 10 mai pour marquer l’aboutissement du cycle de maturation du fruit.

La journée internationale de l’arganier décidée par les Nations Unies est une fierté pour tous les Marocains et spécialement pour les ayants droit et les opérateurs du secteur de l’arganier”, analyse pour sa part Ahmed Atbir, joint au téléphone par TelQuel.

En attendant l’exploitation industrielle…

Le président de la Fédération de la filière argane (Fifargane) ne le sait que trop bien, cette reconnaissance, c’est aussi un challenge. “Bien que cette reconnaissance internationale soit un grand honneur, c’est aussi une charge pour tous les acteurs du secteur afin de le faire progresser économiquement, socialement et écologiquement, de le développer et de le préserver, ainsi que son patrimoine culturel”, reconnaît-il.

L’huile d’argan est réputée dans le monde pour son usage culinaire et cosmétique.

Il faut dire que pour décrocher cette reconnaissance, le Maroc a dû affûter ses arguments. Outre les applications culinaires et cosmétiques réputées du fruit de l’arganier, le royaume a fait valoir la contribution de son exploitation dans le développement durable.

S’y ajoute la question de l’autonomisation financière et l’émancipation des femmes dans le milieu rural, un des piliers du texte qui a fini de convaincre l’Assemblée générale. Dans ses aires d’exploitation, les femmes sont très souvent les chevilles ouvrières de la culture de ce fruit endémique de la région du Souss, avec des disparités et inégalités économiques que l’organisation en coopératives n’a pas encore comblées. La résolution y encourage le Maroc.

Une des femmes de la coopérative Afra en train de nettoyer les noix d’argan, en 2015.Crédit: Tarek Bouraque

Pour autant, les enjeux de la journée internationale de l’arganier sont aussi économiques. “Cette reconnaissance, à notre avis, permettra de bien faire connaître l’arganier à travers le monde et mettra en valeur la chaîne de l’arganier. De ce fait, elle va focaliser les regards sur ce secteur prometteur”, projette Ahmed Atbir.

“En espérant que l’exploitation industrielle ira en parallèle avec le développement durable du secteur et permettra aussi de bien protéger l’arganier au niveau national et international”, ajoute-t-il.

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