L’art du débordement, par Mark Forsyth

L’essayiste britannique Mark Forsyth propose un tour du monde du coup dans le nez. Réjouissant.

Par

Mark Forsyth
Mark Forsyth est étymologiste, et auteur de plusieurs ouvrages de non-fiction divertissante, dont Incognita incognita, ou le plaisir de trouver ce qu’on ne cherchait pas (éd. du Sonneur, 2019). Crédit: DR

Lorsque les Perses de l’Antiquité avaient un choix politique important à faire, ils débattaient à deux reprises : la première fois, ronds comme des queues de pelle ; la seconde, sobres comme des chameaux. S’ils arrivaient à la même conclusion dans les deux cas, ils la validaient.” Dans le symposium de la Grèce ancienne, c’était au symposiarque qu’il revenait de décider si la soirée “serait un peu arrosée, très arrosée ou arrosée à la folie” : “Tout le monde était tenu de terminer son bol et d’accepter d’être resservi. Celui qui calait était considéré comme lâche et mal élevé.” Sous l’Empire romain, contrairement à l’austérité des premiers âges de la République, le convivium romain était le lieu d’étalage de son rang, et un invité de bas rang pouvait entendre parler, sans y goûter, du vin que l’hôte savourait : “Vous aviez droit à une longue dissertation sur le millésime et la provenance du nectar pendant que l’on vous servait, sans façon et sans embarras, une…

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