“Notre marche est la lecture”, Abdelkader Retnani, président de l’Union professionnelle des éditeurs du Maroc

Abdelkader Retnani est président de l’Union professionnelle des éditeurs du Maroc et directeur des éditions de La Croisées des Chemins. Il explique pourquoi il est plus que jamais nécessaire de soutenir le marché du livre menacé par la pandémie.

Par

Abdelkader Retnani. Crédit: DR

Quel a été l’impact de la pandémie sur le secteur du livre ?

Nous vivons actuellement une situation inédite, tant au niveau mondial que national. En dehors de l’incertitude sanitaire, les acteurs économiques sont en grande difficulté dans tous les secteurs et le livre en fait partie. Les librairies ont vu ces derniers mois leurs chiffres d’affaires baisser de plus de 60% par rapport à l’année précédente. Si l’on comprend qu’elles représentent l’un des maillons, et non le moindre, de toute la chaîne du livre, on prend conscience du risque encouru ; un risque de viabilité, de survie.

Pourquoi organiser une opération « résistance pour sauver le livre » ?

Cette opération est là pour dire que le livre résiste et qu’il résistera en dépit de tout grâce à la solidarité de tous ceux qui aiment la lecture. Auteurs, éditeurs, libraires et lecteurs se mobilisent pendant 45 jours pour faire front commun face à la conjoncture actuelle. En plus de tous ces acteurs, nous remercions tous les partenaires qui ont répondu présents, dont les médias qui nous ont suivis.

Que faut-il faire d’autre pour soutenir l’édition et la distribution du livre ?

Continuer à lire, à croire dans la lecture, dans la culture, dans la formidable richesse dont regorgent les livres et la littérature, internationale ou nationale. Nous sommes conscients que l’Etat ne peut pas aider tous les secteurs. Le ministère de la Culture a mis en place une aide, via le mécanisme de subventions, dont il a accéléré le processus cette année au vu de la situation. Ceci est louable mais ce n’est pas suffisant. Malheureusement, la culture en général, et le livre en particulier, n’ont pas été et ne sont pas, les priorités des politiques publiques. Il nous reste à résister, malgré tout, individuellement et collectivement, comme nous l’avons fait il y a 45 ans lors de la Marche Verte. Notre marche est la lecture.

à lire aussi