Rapprochement MBS/Kushner : Vers un prochain accord de normalisation entre Israël et l'Arabie saoudite ?

Un récent article du Guardian fait état d'avancées dans la normalisation entre Israël et l'Arabie saoudite. Un changement de paradigme pour le royaume wahhabite permise par la proximité entre Mohammed ben Salmane et Jared Kushner.

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Une photo fournie par l'Agence de presse saoudienne (SPA) montre le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (à droite) qui rencontre le conseiller principal de la Maison Blanche, Jared Kushner, dans la région nord-ouest de l'Arabie saoudite, à Neom, le 1er septembre 2020. Crédit: AFP

L’Arabie saoudite, en passe de normaliser ses relations avec Israël après les élections américaines ? C’est ce que développe un récent article du Guardian, intitulé “L’héritier saoudien et Jared Kushner font avancer le royaume vers un accord avec Israël”. “Si la possibilité d’un traité entre Israël et l’Arabie saoudite semble se concrétiser, il est toutefois peu probable que Mohamed ben Salmane accorde à Trump sa plus grande victoire en politique étrangère, avant les élections de novembre”, écrit le quotidien britannique de référence, citant “trois sources proches de la famille royale”. 

En attendant l’issue du scrutin américain, le royaume wahhabite semble faire le choix de pousser ses alliés arabes à normaliser leurs relations avec l’État hébreu. “Le royaume devrait continuer à inciter ses alliés régionaux à franchir le pas à sa place”, écrit le Guardian le 24 septembre, dans un article traduit en français par l’hebdomadaire Courrier international, dans son dernier numéro. Et de détailler : « Le Soudan et le sultanat d’Oman sont de solides candidats, qui pourraient signer un accord avant la fin de l’année. De son côté, la vieille garde – l’Arabie saoudite et le Koweït – devrait chercher à gagner du temps et attendre que les enchères montent.”

“Dans la bonne direction”

L’annonce de la normalisation des relations diplomatiques entre les Émirats arabes unis et Israël, le 13 août, a eu pour effet, aux yeux de nombreux observateurs, de mettre sur la table l’inlassable question : quelle autre nation arabe sera la suivante ? Si les alliés de Riyad faisaient la paix avec Israël en premier, le royaume saoudien n’aurait plus qu’à suivre”, détaille le Guardian. 

Ce renversement de position marquerait « un tournant radical dans la géopolitique de la région »

The Guardian

Pour le titre britannique, ce renversement de position marquerait “un tournant radical dans la géopolitique de la région, éclipsant certainement les accords de paix israéliens avec l’Égypte de 1978 et ceux avec la Jordanie seize ans plus tard”. Pas une mince affaire et dont l’une des grandes puissances régionale, l’Arabie saoudite, s’activait jusque-là “en coulisses”, sans jamais toutefois révéler ses cartes.

Depuis des mois, bien avant la signature des accords à la Maison-Blanche, le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane (MBS), distillait ses arguments en faveur d’un pacte susceptible de bouleverser les perspectives régionales à l’égard d’un vieil ennemi”, note le Guardian. Il y est fait mention de contrats pour des avions de chasse sophistiqués mais aussi de faveurs politiques. 

“Les choses vont dans la bonne direction », explique au Guardian un représentant saoudien. « On ignore encore quand aura lieu la signature de cet accord avec Israël. Pour l’instant, c’est encore trop tôt”, ajoute-t-il. 

MBS et Jared Kushner : nouvelle politique, nouveaux intérêts

Officiellement, comme l’a réaffirmé le roi saoudien Salmane ben Abdelaziz Al-Saoud le 23 septembre lors de l’Assemblée générale des Nations unies, l’Arabie saoudite se tient à l’initiative de paix que le pays avait soutenue en 2002 : une paix globale avec les pays arabes contre le retrait de tous les Territoires occupés depuis 1967, comme l’écrit l’article traduit par le Courrier international. 

Un point sur lequel MBS pourrait opérer un changement de paradigme, voyant “l’expansionnisme” iranien comme une plus grande menace. Une opinion influencée par Jared Kushner, gendre et conseiller spécial de Donald Trump. “Il déploie une approche fondée purement sur l’intérêt : si vous soutenez une cause, ou une personne, il faut que vous ayez quelque chose en retour », explique une source saoudienne au Guardian. « C’est une langue que comprend très bien MBS, et il n’a pas tardé à revoir la position des Saoudiens concernant la Palestine et le Liban, deux casse-tête de longue date”, ajoute la même source.

 

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À rappeler que le Maroc fait continuellement partie des pays cités comme possibles candidats pour une normalisation. Au lendemain de l’officialisation du rapprochement entre Israël et les Émirats arabes unis, un reportage de la chaîne publique israélienne KAN, relayé par le Times of Israel, indiquait que le Maroc pourrait être l’un des prochains pays à normaliser ses relations avec Israël. En citant un officiel américain, resté anonyme, le sujet indique que le royaume est perçu comme “un candidat probable étant donné qu’il noue déjà des liens touristiques et commerciaux avec Israël”.

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