“Employé-autoentrepreneur”, quand des employeurs exploitent le flou juridique

Contournant la loi, une nouvelle tendance semble s’installer sur le marché de l’emploi au Maroc, celle des “employés-autoentrepreneurs”.

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Rachid* travaillait 8 heures par jour, au bureau, sous les ordres de son supérieur. Pourtant, aucun contrat ne le reliait à la société, celle-ci profitant de son statut d'autoentrepreneur. Crédit: Marten Bjork/Unsplash

Destiné en principe à faciliter l’intégration des porteurs de projets dans le secteur formel, le statut d’autoentrepreneur compte 233.656 adhérents à fin juin 2020. Sauf qu’ils ne sont pas forcément entrepreneurs. Une partie d’entre eux sont des employés permanents pour le compte d’entreprises qui profitent du flou juridique autour de ce statut pour échapper à leurs obligations légales.

La fabrique de la précarité

“Considéré comme collaborateur, j’ai travaillé pendant plus d’une année au sein d’une agence d’événementiel, en tant que chargé de communication sous le statut d’autoentrepreneur. Je travaillais 8 heures par jour, au bureau, sous les ordres de mon supérieur. Pour recevoir mon salaire, je facturais chaque mois le montant de la rémunération en utilisant ce statut, raconte Rachid*, Casablancais de 25 ans. Dès le début du confinement, j’ai été remercié sans aucune indemnité et je me suis retrouvé du jour au lendemain sans revenu ; je n’avais aucun contrat qui me liait à la société et aucune couverture sociale.”

Rachid, en agence d’événementiel
“Dès le…

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