Khaïr-Eddine et Rimbaud : un vieux couple heureux

Une mer et un peu moins d’un siècle séparent Arthur Rimbaud et Mohammed Khaïr-Eddine. Il n’en demeure pas moins que ce sont deux poètes qui ont arpenté le froid des rues parisiennes sans un sou, deux poètes dont les textes sont empreints d’une violence explicite dont la nature reste difficilement identifiable, deux poètes symptomatiques d’une insatiable révolution poétique et linguistique.

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Mohammed Khaïr-Eddine, c’est un cœur enflammé, une écriture enragée et un séisme littéraire...de même qu’Arthur Rimbaud a été celui de la poésie française.

Plus de vingt-cinq ans après sa mort, peut-on encore se demander qui était Mohammed Khaïr-Eddine ? Rimbaud écrivait que “Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences”. Et poète, Mohammed Khaïr-Eddine l’était tout autant que Rimbaud. De là à soulever des ressemblances entre les deux auteurs, peut-être improbables tant les époques les séparent, mais pointues tant la poésie les rapproche. Car si Rimbaud était l’enfant terrible de la littérature française, Khaïr-Eddine était celui de la littérature maghrébine. Certains parlent de Rimbaud comme étant le précurseur du symbolisme,…

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