Aziz Chahir : “Dès son avènement, le roi voulait annuler le baisemain, mais il se heurta à une vive résistance”

Docteur en sciences politiques, enseignant-chercheur à Salé, Aziz Chahir analyse dans cet entretien l’essence de l’usage du protocole royal au Maroc et son évolution de Mohammed V à Mohammed VI.

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Le protocole est moins lourd sous Mohammed VI. Mais il reste une grosse machine où le roi est central. Crédit: DR

Sous quelle dynastie le protocole royal prend-il une grande importance?

Aziz Chahir, politologue et universitaireCrédit: DR
L’organisation du protocole royal (en arabe, tachrifate) connaît une accélération sous les Alaouites. Sous Moulay Ismaïl, la cour a été entre autres marquée par l’influence des modèles protocolaires turc et britannique. Le travail des délégations de conseillers d’Angleterre impactent le protocole sultanien. La cour chérifienne s’inspire notamment de l’ordre de préséance qui définit l’ordre des officiels et des familles lors des cérémonies protocolaires. Il y a une machine d’ordre symbolique qui met en avant la sacralité de la monarchie, où le roi devient le vicaire de Dieu sur Terre (khalifat Allah fi-ardih). Ce modèle, la cour chérifienne se l’approprie et l’adapte au contexte politique et religieux marocain.

Comment prend forme ce modèle?

Le protocole, ce ne sont pas seulement les us et coutumes au…

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