Tarik Kabbage: "L'Alternance était un moment difficile pour lui"

Ancien maire d'Agadir, Tarik Kabbage a fréquenté Abderrahmane Youssoufi au plus près lors de ses années d'exil. Dans ce témoignagne, il revient sur les moments partagés en France ainsi que le soutien que lui a accordé le défunt Premier ministre sur la scène politique.

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C’est avec beaucoup de tristesse que je vois partir un militant et un grand monsieur. Durant les années 1960, il a fait partie des « amis comploteurs » tout comme mon père. Je me souviens également de Ssi Abderrahmane lorsque je visitais mon père, incarcéré à Rabat. Ce sont des images émouvantes.

En tant que militant UNFP, puis USFP, j’ai eu le temps de le voir durant son exil en France. Je l’avais retrouvé une fois dans les locaux de la Ligue arabe à Paris. Il était déjà grand responsable des droits de l’Homme. Nous sommes partis à la recherche de toute une littérature sur la question palestinienne qui l’avait beaucoup touchée, et pour laquelle il s’était beaucoup engagé.

En tant que responsable de l’USFP, je dois dire c’est lui qui m’a sollicité pour me présenter à la mairie d’Agadir aux cotés de Ssi Mohamed Benyahya. Il avait cautionné et encouragé ma candidature.

Il y’a à peu près un an, à Casablanca, nous avions eu une longue discussion lors de laquelle nous avons pu refaire le monde. Nous sommes nés dans le « cocon » de l’USFP qui aujourd’hui n’existe plus malheureusement. Je pense que l’Alternance a été un moment difficile pour lui car ce n’était pas évident de gérer l’USFP. Il y avait des tensions internes, de l’ingratitude de la part de certains, mais jamais de la part de Youssoufi. C’était une période difficile lors de laquelle il a dû jouer aux équilibristes.

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