Comment l’État a creusé la tombe de l’industrie

Par Réda Dalil

Le ton est ferme, la posture claire. Moulay Hafid Elalamy souhaite renégocier les termes de l’accord de libre-échange entre le Maroc et la Turquie. Cet accord, signé en 2004 et entré en vigueur en 2006, ouvrait le marché marocain à des produits turcs qui ne cesseront, depuis, d’affluer, de plus en plus massivement, au point de grever le développement d’industries marocaines jadis à grand potentiel, à savoir le textile et l’agroalimentaire. Si le ministre du Commerce et de l’Industrie a promis de revoir en profondeur les modalités de cet accord, synonyme d’un déficit commercial de 16 milliards de dirhams en 2019, il est utile de remonter à l’origine du mal pour bien comprendre le casse-tête actuel. L’ouverture du Maroc au commerce international est une stratégie d’Etat. Le royaume, signataire des accords de l’OMC et d’un accord d’association avec l’Union Européenne, a fait le choix d’ouvrir ses frontières, moyennant son accès à un marché de plus de 1 milliard de consommateurs étrangers. Or, le constat est accablant: le Maroc perd sur les 55 accords de libre-échange dont il est signataire. A…

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