Un candidat à la présidence compare les exportations de drogue du Maroc à celles du pétrole algérien

Un candidat à la présidence compare les exportations de drogue du Maroc à celles du pétrole algérien

Le candidat à la présidence algérienne, Abdelkader Bengrina, a déclaré que les exportations “systématiques” du Maroc “d’inquiétantes quantités de drogues”, équivaudraient aux revenus tirés du pétrole en Algérie.

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L’islamiste et ancien ministre du Tourisme Abdelkader Bengrina, 57 ans. Crédit: AFP

A l’approche d’un scrutin décrié, les candidats à la succession d’Abdelaziz Bouteflika, déchu le 2 avril, ont chacun eu leur petit mot sur le voisin marocain. Dernier en date, et non des plus tendres, Abdelkader Bengrina, 57 ans. S’il était resté, jusque-là, le seul candidat à ne pas s’être exprimé sur le Maroc, cet islamiste et ancien ministre du Tourisme a expliqué que “les exportations marocaines de drogues se chiffrent en milliards de dollars”.

La question des drogues, une vieille rengaine

En période de campagne ce samedi 16 novembre, et face à la presse algérienne, le leader du mouvement Al Bina Al Watani (parti islamiste fondé en 2012) a évoqué l’exportation “systématique” de “quantités inquiétantes de drogues”. Des exportations qui, sur “deux saisons”, d’après ses propres estimations et sans avancer aucune donnée chiffrée, équivaudraient “presque à la richesse générée par le pétrole en Algérie”.

Par-delà la frontière fermée depuis 1994, ce n’est pas la première fois qu’un officiel algérien égratigne le royaume sur la question des drogues. En janvier 2018, le Premier ministre Ahmed Ouyahia avait vigoureusement pointé le Maroc, responsable “de noyer l’Algérie sous un énorme flux de haschisch et de cocaïne”.

Tout le monde sait où se trouve le haschisch en Afrique du Nord. Il ne nous vient pas d’Afghanistan, qui est trop loin de nous”, avait déclaré l’ancien Premier ministre, au sujet de flux qui arriveraient en Algérie “par quintaux au moins une fois par semaine”.

Quelques mois plus tôt, le Maroc avait rappelé son ambassadeur à Alger en réaction à des déclarations du chef de la diplomatie algérienne Abdelkader Messahel accusant des entreprises marocaines de “blanchir l’argent du haschisch” en Afrique.

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Une ligne critique poursuivie par Abdelkader Bengrina à laquelle n’ont pas fait référence les autres candidats, s’exprimant en grande partie sur la reprise des relations et la question du Sahara. Le 13 novembre, le candidat islamiste était en déplacement à Tindouf dans le cadre de sa campagne. L’occasion de faire part de son “ferme rejet” d’une “atteinte à l’intégrité territoriale”, sans manquer d’égratigner le Maroc et la France, sans les nommer : “L’ouverture d’un dialogue n’excluant personne, afin d’éviter les tensions sociétales et se mettre à l’abri des menaces extérieures.

“Des discussions avec le Maroc”, en cas d’élection

Reste que dans son allocution du week-end dernier, Abdelkader Bengrina a également promis, en cas d’élection, d’entamer “des discussions avec le Maroc” sur les questions des mobilités des personnes et des ressources en eau, notamment pour “ceux qui habitent Tlemcen”. Distante d’à peine 70 kilomètres d’Oujda, celle que l’on surnomme “la ville des cerises” est en proie à la désertification et à d’importantes coupures d’eau.

Ce candidat islamiste, qui avait planifié une tournée algéroise ce week-end accompagné de la presse, a vu son QG de campagne pris à partie par des manifestants. Ces derniers ont scandé les slogans du Hirak et jeté des œufs sur une de ses affiches. Le candidat avait récemment affirmé, sur un plateau de télévision, être “le représentant du Hirak”, chose qui n’a que peu attiré les faveurs des manifestants. Une rue algérienne fermement opposée, depuis plusieurs mois, aux prochaines élections présidentielles prévues le 12 décembre, préférant un report du scrutin.

 

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