Un budget au doigt et à l'oeil

Un budget au doigt et à l'oeil

Avec son Projet de Loi des Finances 2020, Mohamed Benchaâboun 
a rendu une copie propre, mais sans vision.

Par et

Rachid Tniouni/TELQUEL

Pour élaborer son PLF 2020, le ministre de l’Économie et des Finances, Mohamed Benchaâboun, a dû composer. Composer avec l’Union Européenne qui exigeait que le Maroc mette fin à ses régimes fiscaux dérogatoires, coupables de créer une situation de concurrence déloyale avec ses voisins du nord. Avec les directives royales qui réclamaient un meilleur soutien financier pour les jeunes entreprises, auxquelles les banques rechignent trop souvent à prêter de l’argent. Avec l’alerte lancée par Bank Al-Maghrib qui, suite au rétablissement du recouvrement par voie d’avis à tiers détenteur (ATD), a vu fondre le volume des dépôts bancaires.

Bon élève, Mohamed Benchaâboun a scrupuleusement tenu compte de ces exigences et a proposé des lois adéquates aux attentes, de nature à ne froisser aucune institution. Pour autant, ce consensus sert-il l’intérêt de l’économie nationale ? Est-il le fruit d’une vision politique souveraine ou une simple réponse à des pressions externes ?

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En mars dernier, Bruxelles a maintenu le royaume pour la deuxième année consécutive dans sa liste grise des paradis fiscaux. L’UE reproche au Maroc de mener...

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