"Examens de routine" ou détérioration de l'état de santé du président gabonais ?

"Examens de routine" ou détérioration de l'état de santé du président gabonais ?

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba subit des “examens médicaux de routine” à Londres où il effectue un “séjour privé”, a annoncé lundi la présidence, 10 mois après que le chef de l'Etat eut été victime d'un AVC.

Par

AFP

A aucun moment, la santé du président ne s’est détériorée. Au contraire (…) M. Ali Bongo Ondimba est en phase de recouvrement de la plénitude de ses capacités physiques”, lit-on dans un communiqué de la présidence de la République gabonaise.

Le cabinet de M. Bongo dément ainsi vigoureusement une information de l’agence Bloomberg qui assurait lundi que M. Bongo était hospitalisé à Londres “alors que son état se détériore”, citant “des sources proches du dossier”.

Le président de la République n’est pas hospitalisé (…) mais en séjour privé dans sa résidence londonienne où il a pris quelques jours de congé en famille”, poursuit le communiqué. “A cette occasion, il effectue des examens médicaux de routine et poursuit normalement sa rééducation”.

Le président gabonais, qui est aux commandes du pays, sera de retour dans son pays prochainement”, conclut la présidence.

Le même jour, une Cour d’appel gabonaise a refusé d’entendre des opposants qui demandaient une audience sur leur demande d’examen médical du président Ali Bongo Ondimba, dix mois après son AVC, a constaté un journaliste de l’AFP.

En respectant une demande de la Cour de cassation, qui avait demandé à la Cour d’appel de se dessaisir, la justice a “enterré à jamais” l’affaire, a regretté en sortant du palais de Justice de Libreville Jean-Paul Moumbembe, avocat des dix opposants qui avaient demandé l’examen après la séance.

Victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) fin octobre, le président Ali Bongo a passé cinq mois de convalescence à l’étranger, notamment au Maroc, et n’a pas pris la parole en direct et en public depuis les quelques mots prononcés à son retour à Libreville fin mars.

Ce silence avait poussé dix personnalités de l’opposition, du monde syndical et de la société civile à demander cet examen médical.

Un tribunal de première instance avait jugé cette demande irrecevable, au motif que seule la Cour constitutionnelle saisie par le gouvernement ou les deux chambres du Parlement peuvent constater l’empêchement du président à gouverner.

Mais la présidente de la première Cour d’appel de Libreville, Paulette Akolly, avait déclenché un court feuilleton judiciaire en acceptant d’entendre l’appel des 10 requérants.

Les avocats de M. Bongo avaient saisi la Cour de cassation, qui avait demandé à Mme Akolly de se dessaisir, ce qu’elle avait refusé de faire. Le ministère de la Justice l’avait alors suspendue de ses fonctions.

En son absence, les juges de la Cour d’appel ont donc renvoyé lundi le dossier devant la Cour de cassation, qui doit décider si le président gabonais peut répondre de sa santé devant la Cour.

Il s’agit d’une “reprise du cours normal de la justice”, selon Tony Serge Minko Mi Ndong, avocat de M. Bongo. “Soit la Cour de cassation ira dans notre sens, effectivement cela mettrait un terme à notre affaire, soit elle prend une décision contraire, et le dossier reviendra devant la Cour d’appel”, a-t-il détaillé à l’AFP.

Une prudence que la partie adverse balaye: “il faut considérer que ce dossier est enterré à jamais”, assène maître Moumbembe.

Le collectif à l’origine de la plainte, Appel à Agir, dénonce pour sa part dans un communiqué “l’instrumentalisation de la justice”.

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