Nasser Zefzafi et cinq autres détenus rifains souhaitent être déchus de la nationalité marocaine

Nasser Zefzafi et cinq autres détenus rifains souhaitent être déchus de la nationalité marocaine

Dans une missive lue par son père, le leader du Hirak du Rif ,Nasser Zefzafi, et cinq autres militants détenus à la prison de Ras El Ma à Fès ont fait part de leur volonté de renoncer à la nationalité marocaine et de rompre leur lien d’allégeance au trône.

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Nasser Zafzafi Crédit: Yassine Toumi/TELQUEL

C’est à travers un live Facebook, massivement relayé sur les réseaux sociaux, que l’annonce a été faite. Dans la soirée du 23 août c’est devant des milliers d’internautes, prévenus plus tôt dans la journée, qu’Ahmed Zefzafi a lu une missive attribuée à son fils, le leader du Hirak du Rif Nasser Zefzafi, et cinq de ses co-détenus à la prison de Ras El Ma de Fès  (Nabil Ahamjik, Mohamed El Haki, Samir Ighid, Wassim Bousrati et Zakaria Adhchour).

Dans cette lettre au vitriol, les six signataires font part de leur volonté d’ « abandonner la nationalité de l’État marocain [et de] rompre le lien d’allégeance (avec le trône, ndlr), à partir de la date de parution de ce communiqué ». Une décision qu’ils justifient par la tournure qu’a pris « [leur] cause et [leur] situation qui s’inscrit dans le prolongement de la relation historique qu’entretient l’État marocain avec la région du Rif, basée sur l’exclusion, la répression, le mépris, et toutes les formes de persécution politique, culturelle, sociale, économique et psychologique ».

Dans cette même missive, Nasser Zefzafi et ses cinq co-détenus tiennent « l’État marocain pleinement responsable de tout préjudice qui pourrait nous affecter mentalement et physiquement ».Ils en appellent également à « la communauté internationale, ses instances et ses institutions » pour « assurer le suivi de leur dossier à partir de la date de parution de ce document ».

 

 

Le live Facebook d’Ahmed Zefzafi intervient quelques heures après la publication d’une mise au point par la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR). L’institution dirigée par Tamek assurait que, « contrairement aux allégations véhiculées par le père du détenu (N.Z) sur les réseaux sociaux, la délégation générale affirme qu’elle veille à mener à bien ses missions d’inspection, chaque fois qu’elle découvre des actes illicites, et ce dans le cadre des attributions qui lui sont confiées par la loi ».

Selon une « source sûre » citée par le360.ma, les six militants du Hirak ont adressé « des correspondances au ministère de la Justice et au ministère public (Parquet général) pour demander à être déchus de leur nationalité marocaine ».  À l’heure actuelle ni le ministère chapeauté par Mohamed Aujjar ni le Parquet n’ont réagi à cette sortie d’Ahmed Zefzafi.

En vertu de la loi, un citoyen marocain ne peut demander à être déchu de sa nationalité marocaine. Seul le Conseil de gouvernement est habilité à prendre cette décision dans le cas où la personne concernée aurait commis un crime portant atteinte à la sécurité de l’État. À ce jour, aucun citoyen marocain n’a été déchu de sa nationalité marocaine.

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