Monographie, expositions... 2019, l'année Mohamed Melehi

Monographie, expositions... 2019, l'année Mohamed Melehi

Une monographie aux Editions Skira et une exposition au Macaal sur les traces de Mohamed Melehi sont prévues pour la rentrée, en hommage à ce pilier de l’art moderne au Maroc.

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Mohamed Melehi dans son atelier à Rabat.

L’année 2019 est décidément l’année Melehi. Après 60 ans de création, 60 ans d’innovation, la rétrospective à l’espace d’art de la fondation CDG en mars, puis New Waves à l’espace d’art The Mosaic Rooms à Londres en avril, voilà que d’autres projets célébrant l’œuvre et le parcours de l’artiste de 83 ans, sont dans le pipe.

D’abord une monographie, signée par Michel Gauthier, conservateur au centre Pompidou, et éditée par la maison d’édition suisse Skira, spécialisée dans la publication de livres d’art.

« C’est un artiste exceptionnel qui a pu vivre une expérience artistique internationale précoce. D’abord en Espagne puis à la fin des années 50 en Italie où il a côtoyé les artistes de l’avant-garde italienne avant de s’installer à New York début des années 60 (il avait décroché une bourse de la fondation Rothschild). Une vie exaltante et un destin unique, » nous explique Brahim Alaoui, directeur de la collection « Images affranchies » chez Skira. Il ajoute : « il a réussi à échapper à l’influence de l’école de Paris en explorant des pratiques et des approches artistiques complètement différentes qui ont influé sur son œuvre et sur l’histoire de l’art au Maroc. Son retour au Maroc marque un tournant aussi dans son parcours, car avec le groupe de l’école de Casablanca, il a réussi à transcender certaines limites en tant qu’activiste culturel ». Et de poursuivre : « C’est un créateur à multiples facettes, il était certes peintre, mais il touchait à la photographie, à la vidéo. Malheureusement, il n’a pas gardé l’ensemble des archives à cause d’inondations chez lui. D’ailleurs, je pense qu’il était détenteur d’une archive visuelle du Maroc des années 60-70 exceptionnelle. Donc lui consacrer une monographie est un projet important pour la maison d’édition Skira ».

En prélude de l’ouvrage sobrement intitulé Melehi, Michel Gauthier écrit : « Le chemin est long pour tout artiste : il mène à la découverte des autres et aux rencontres remarquables, il est semé d’embûches, et la reconnaissance internationale est longue à venir. Le domaine de l’art contemporain est beaucoup plus conservateur qu’il ne croit l’être. Il n’a pas encore digéré les conséquences du post-colonialisme et de la mondialisation ». Le critique d’art chante aussi les louanges du Maroc en affirmant que « l’art moderne marocain dont Melehi est un des fondateurs majeurs est heureusement reconnu dans son pays et le Maroc ne tardera pas à rentrer dans le grand concert des nations ayant élaboré la modernité. Armé d’une force tranquille, Melehi en est le créateur et le passeur pour la génération à venir ».

Ce livre d’art qui revient sur les principales étapes de vie de l’artiste de 83 ans a nécessité deux années de travail. Il sera présenté et distribué au Maroc à la rentrée. Cette sortie marocaine coïncidera avec une exposition dédiée à l’artiste au Musée d’art contemporain africain Al Maaden (Macaal) à la rentrée. Le musée de la fondation Alliances accueille l’exposition londonienne New Waves, curatée par l’historien d’art franco-iranien Morad Montazami. « Cette deuxième étape de l’exposition New Waves est importante pour nous, car elle représente la première exposition monographique du musée. Avec Morad Montazami, nous avons pensé l’exposition différemment. Nous allons plus mettre en avant les archives liées au travail et aux actions menées par Mohamed Melihi, » nous indique Meriem Berrada directrice artistique du Macaal.

L’exposition a donc été pensée en trois temps. « D’abord sa période romaine et new-yorkaise, puis son retour au Maroc et son implication au sein du mouvement de l’École de Casablanca et enfin nous allons explorer la documentation visuelle liée à son travail et aux différentes actions qu’il a pu mener, » résume Meriem Berrada. Quant à la scénographie, elle sera signée par le curateur. L’exposition du Macaal ouvrira ses portes en septembre. En marge de cette manifestation, des événements annexes seront programmés et sont « en cours de confirmation » affirme la directrice artistique du Macaal.

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