Pour la Banque mondiale, l'investissement public au Maroc est inefficace

Pour la Banque mondiale, l'investissement public au Maroc est inefficace

Le rapport de la Banque mondiale sur le secteur privé marocain, publié le 31 juillet, invite à moins s'appuyer sur l'investissement public et encourager le secteur privé pour développer le royaume.

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Ferid Belhaj et Mohamed Benchaaboun (au centre) le 27 aout au Maroc. Crédit: @MarieMarieNelly / Twitter

La Banque mondiale remet, elle aussi, en cause le modèle de développement du royaume. Dans un “Diagnostic du Secteur Privé marocain” publié le 31 juillet, l’institution internationale pointe l’inadéquation entre les investissements consentis par le secteur public et les résultats en terme de création d’emplois et de gain de productivité.

Le Maroc a consacré d’importantes ressources afin de réaliser des investissements considérables dans les secteurs économiques jugés stratégiques pour la croissance, l’accroissement de la productivité et la création de valeur ajoutée,” relève la Banque mondiale. Cependant – et ce malgré un taux d’investissement parmi plus élevés au monde avec une moyenne de 34 % du PIB par an depuis le milieu des années 2000 selon le document -, “les retombées en termes de croissance économique, création d’emplois et productivité, ont été décevantes.” En comparaison, des pays comme la Colombie, les Philippines et la Turquie “ont atteint des taux de croissance similaires ou supérieurs, avec des niveaux d’investissement nettement inférieurs.”

 » Le taux d’investissement du Maroc est l’un des plus élevés au monde « 

Rapport de la Banque mondiale

Cette contre-performance est particulièrement flagrante dans la création d’emplois. “Alors que la population en âge de travailler a augmenté, en termes nets, de 270.000 personnes par an entre 2012 et 2016, seulement 26.400 nouveaux emplois nets ont été créés en moyenne par an,” note le rapport. Autre fait marquant : “sur le long terme, entre 1970 et 2011, l’économie marocaine n’a enregistré aucun gain de productivité totale des facteurs de production (PTF).”

La solution viendra du privé

Comment expliquer cet impact limité de l’investissement public ? Pour la Banque mondiale, c’est la composition de ces investissements qui est à remettre en cause. Ces investissements “ont en partie été coûteux, avec un rapport qualité-prix discutable”, juge le rapport. Alors qu’un grand nombre d’investissements ont été réalisés dans les infrastructures, “dont les effets sociaux et économiques ne peuvent être pleinement observés qu’à long terme”, les projets sélectionnés pour un financement public “ne tiennent parfois pas suffisamment compte des problèmes d’efficacité et peuvent ne pas optimiser l’impact sur la productivité et la création d’emplois.”

Pour l’institution internationale, le royaume ne peut compter que sur l’accumulation de capital pour se développer. Cette stratégie “nécessiterait des investissements toujours plus importants, mettant en péril sa stabilité macroéconomique.” De plus, “des distorsions dans la répartition du capital entre les secteurs ainsi que le rôle joué par les entreprises publiques ont tendance à freiner l’activité privée productive.”

Pour créer suffisamment d’emplois, la Banque mondiale recommande donc d’encourager le secteur privé. “A l’échelle mondiale, il a été démontré que la plupart des emplois sont créés par de jeunes entreprises de moins de cinq ans,” note le rapport. Pour cela, le Maroc doit créer “un environnement favorable aux entreprises afin qu’elles puissent pénétrer les marchés, se développer et exporter.” “Cela nécessitera des conditions propices à une concurrence équitable, du capital humain et des compétences de meilleure qualité pour répondre aux besoins d’une main-d’œuvre moderne et encourager ainsi l’entrepreneuriat, d’un meilleur accès au financement des petites entreprises et des startups pendant tout leur cycle de vie, ainsi que des institutions qui les soutiennent,” recommande le document.

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