Flexibilité du dirham : le FMI attend plus du Maroc

Flexibilité du dirham : le FMI attend plus du Maroc

Dans un rapport publié le 16 juillet, le Fonds monétaire international a (de nouveau) appelé le Maroc à lâcher du lest sur la flexibilité du dirham. 

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Le siège du FMI à Washington

Le Fonds monétaire international (FMI) se montre insistant. Dans un rapport sur la situation économique du Maroc publié le 16 juillet, les experts de Bretton Woods ont appelé le Royaume à poursuivre la réforme du régime de change pour aider “l’économie à absorber les chocs extérieurs potentiels et à rester compétitive”.

Selon le FMI, une fenêtre de tir existe pour l’élargissement de la bande de fluctuation en raison du “contexte d’inflation modérée et d’une atténuation de la croissance économique et de l’endettement”. En janvier 2018, le Maroc avait annoncé l’élargissement à 2,5% de la bande de fluctuation du dirham qui oscille autour d’une valeur pivot fixée par l’euro et le dollar.

Le FMI a encouragé le pays à poursuivre le processus d’une façon “soigneusement séquencée et bien expliquée”. La banque centrale n’est plus intervenue sur le marché des changes depuis mars 2018 et l’élargissement effectif de la bande de fluctuation.

En juin 2019, le gouverneur de Bank Al-Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri avait expliqué que “le passage à la deuxième étape de la réforme du régime de change se fera quand il y aura des signes annonciateurs qu’un choc pourrait se produire”. Il ajoutait que l’argumentaire présenté par son institution avait amené le FMI à modérer sa position.

De la croissance, mais…

Au moment de dresser le tableau général de la situation économique du Royaume, le FMI note un creusement du déficit de la balance commerciale à 5,4% du PIB en raison d’importations croissantes d’hydrocarbures et de bien d’équipement, et ce malgré de bonnes performances à l’export pour les secteurs des phosphates et de l’automobile. “Le système bancaire est solide et résilient”, souligne le FMI, tout en mettant en garde contre sa complexité croissance eu égard à l’expansion des banques marocaines en Afrique.

Les experts de Bretton Woods ont également encouragé les autorités à poursuivre “l’assainissement budgétaire afin de préserver la viabilité de la dette, tout en sauvegardant les investissements prioritaires et les dépenses sociales à moyen terme”.

Selon le FMI, les principaux chantiers du royaume sont la lutte contre la corruption, la réduction des inégalités, la réforme de l’éducation et du marché du travail afin de créer de l’emploi, en particulier pour les femmes et les jeunes.

Côté croissance, le rapport juge que les perspectives sont “favorables”, avec une estimation à 4,5% d’ici 2024. Ce chiffre reste cependant soumis aux fluctuations du baril de pétrole, à la mise en œuvre des réformes, à la santé économique des pays partenaires et aux risques géopolitiques. “La baisse des prix internationaux du pétrole et l’intégration régionale accrue dans la région du Maghreb pourraient aider à renforcer la résilience de l’économie marocaine et devenir une source supplémentaire de croissance pour le Maroc à moyen terme”, explique le FMI.

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