L'écosystème marocain d'Instagram décrypté

L'écosystème marocain d'Instagram décrypté

Avoir des millions d’abonnés ? Un luxe réservé à une poignée seulement de célébrités marocaines très suivies sur Instagram. Selon une étude, ce sont les petits influenceurs qui seraient les plus présents au Maroc. 

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Montage TelQuel à partir d'images Instagram

Instagram compte 4,5 millions d’utilisateurs actifs dans le royaume. Les “micro-influenceurs”, soit les comptes qui comptent moins de 100.000 abonnés, sont très nombreux, d’après une étude réalisée par l’agence de communication et d’analyse TNC The Next Click. Pour dresser un état des lieux des personnes les plus suivies, les analystes ont examiné 1.000 comptes avec une audience au moins à 50% marocaine. Ces influenceurs regroupent un total cumulé de 185 millions d’abonnés.

Sur les comptes recensés, 67 % ont une audience inférieure à 100.000 abonnés, soit plus de la moitié. Si on prend en compte ceux qui ont moins de 500.000 followers, le chiffre passe à 83% des influenceurs. The Next Click a créé différentes catégories qui distinguent les “micro-influenceurs” (entre 5.000 et 20.000 abonnés) des “rising stars” (jusqu’à 100.000 followers). Viennent ensuite les “macro-influenceurs”, dont les comptes sont suivis par 500.000 personnes. En haut de l’échelle, on retrouve la catégorie des “célébrités”, ces utilisateurs qui dépassent la barre symbolique du million. Ces derniers concentrent surtout 68% des followers cumulés, et grappillent 10% de parts d’audience.

L’audience est reine

Sofia El Arabi, styliste marocaine, développe son activité sur le web depuis 10 ans. Elle a commencé en tant que blogueuse à l’époque. Elle compte aujourd’hui 85.000 abonnés sur Instagram, mais ne se repose pas sur le réseau social pour vivre. “Je n’ai pas pour objectif de faire de la promotion tout le temps, donc j’évite de saturer mes abonnés, je ne poste pas des stories en permanence par exemple”, explique-t-elle.

Pour Sofia El Arabi, son nombre de followers est encore faible, mais elle compte sur leur participation. Selon l’étude de The Next Click, le taux moyen d’engagement au Maroc, c’est-à-dire le rapport du total des interactions avec le total des vues d’une publication, s’élève à 12%. “Chacun développe sa propre activité en fonction de ses objectifs, de son temps et de son énergie, reprend Sofia El Arabi, mais le principal, c’est que les marques au Maroc ont compris que ça fonctionnait”. Son audience est en majorité féminine. Dans le royaume, 51% des personnalités sur Instagram sont des femmes, contre 33% pour les hommes. Le reste ? Des couples ou des profils communautaires, non identifiés.

Ce qui marche le mieux, c’est de partager sa vie personnelle”, affirme Zineb Fatara, alias Lady Zee sur le réseau. Avec plus de 80.000 abonnés qui voient chaque jour ses photos, l’instagrameuse mise sur le contenu lifestyle. Cours de danse, musculation, footing, voyage, petits déjeuners “healthy”… Les comptes relayant ce genre de publications sont ceux qui fonctionnent le mieux. Ils représentent 33% des contenus analysés par The Next Click, suivis par la mode avec 14%, la musique à 11% et le sport. “Quand on fait trop de posts sponsorisés, la communauté s’engage un peu moins en général”, estime Zineb Fatara, qui affirme qu’on peut gagner sa vie sur Instagram à partir de 50.000 abonnés. Quand il s’agit de l’engagement, c’est la religion et les jeux vidéos qui sont les contenus rois sur le réseau, avec 27% et 19% respectivement.

Les petits influenceurs, une aubaine pour les marques ?

Instagram est vraiment devenu le terrain de jeu numéro 1 des influenceurs”, relève Hassan Rouissi, directeur associé de The Next Click. “Des annonceurs de toute taille travaillent avec eux depuis des années, mais cet essor doit être identifié et cadré. C’est un enjeu de taille pour les entreprises, qui doivent savoir avec qui collaborer et pour quelles raisons”, poursuit-il.

Mais difficile de se rendre compte de cet essor et d’estimer la taille du marché des publications sponsorisées d’Instagram au Maroc. “Le secteur est encore trop flou et trop varié pour donner des chiffres”, explique-t-il. Il précise tout de même que le sponsorship sur le réseau social n’est pas réservé aux grandes marques du royaume, loin de là. Les petites et moyennes entreprises font de plus en plus appel aux services des influenceurs, selon The Next Click. “Le rapport est simplement un aperçu de ce qui est en train de se passer. Il ne faut pas mélanger les genres et les types d’influences sur Instagram, c’est pour cela que l’on catégorise précisément”.

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