Clément Deshayes et Raphaëlle Chevrillon-Guibert: “La chute d’Omar el-Béchir ne signifie pas forcément la chute du régime”

Depuis plusieurs mois, les Soudanais se révoltent contre le régime militaro-islamiste d’Omar el-Béchir, qui a été destitué par l’armée le 11 avril après trente ans au pouvoir. Un mouvement civil sans précédent et réprimé dans le sang, que devraient soutenir les puissances occidentales, estiment les deux chercheurs.

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Les manifestants cherchent à ce que le Conseil militaire de transition cède le plus de terrain. Crédit: Ahmed MUSTAFA / AFP

Khartoum vit désormais au rythme des manifestations et de la violence. Depuis décembre 2018, le pays connaît un mouvement de contestation inédit. Initialement révoltés par la hausse du prix du pain, les manifestants demandent ensuite, sans relâche, la chute du régime. Jusqu’à ce que, le 11 avril, le président Omar el-Béchir soit destitué par l’armée et qu’un Conseil militaire de transition (TMC) soit mis en place. Mais l’espoir d’une transition pacifique s’est vite estompé. En mai, les pourparlers entre les civils et les militaires sont rompus. Le 3 juin, le régime lance une opération de répression qui a fait au moins 128 morts, selon des médecins proches de la contestation, et de nombreux viols sont commis. Près d’un mois plus tard, le dimanche 30 juin, date anniversaire du putsch qui a permis à Omar el-Béchir de prendre la tête de…

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