FRMA : Ahizoune s'en va, personne ne veut/peut prendre sa place

Président de la Fédération royale marocaine d'athlétisme depuis 2007, Abdesslam Ahizoune est sur le départ. Le patron de Maroc Telecom ne compte pas se présenter pour un quatrième mandat lors de la prochaine assemblée générale du 22 juillet, alors que son potentiel successeur est indétectable.

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MAP

Qui pour succéder à Abdeslam Ahizoune ? C’est la question que se posent les observateurs de l’athlétisme marocain, alors que la prochaine assemblée générale de la Fédération royale marocaine marocaine d’athlétisme (FRMA) a été fixée au 22 juillet. Présidant aux destinées de l’athlétisme marocain depuis 2007, Abdeslam Ahizoune ne devrait pas présenter sa candidature pour un quatrième mandat selon l’édition du 2 juillet du quotidien Assabah.

La même source précise que le président du directoire du groupe Maroc Télécom et de l’association Maroc Cultures (organisatrice du festival Mawazine) souhaite passer le flambeau à un nouveau bureau de la FRMA après avoir présenté son bilan. Alors que la voie semble grande ouverte pour de potentiels candidats, personne n’a, à ce jour, fait part de son intention de prendre le relai d’Ahizoune. La date limite de dépôt des candidatures a été fixée au 14 juillet.

Bien parti pour rester

À la recherche désespérée d’un potentiel successeur à Ahizoune, la FRMA a lancé un appel à candidatures. Parmi les critères à remplir pour prétendre à la présidence de la fédération, il faut avoir 20 ans au minimum, être membre d’une association ou d’une ligue régionale affiliée à la FRMA, obtenir le soutien d’au moins dix associations ou ligues régionales, et avoir un casier judiciaire vierge. Officieusement, les membres de la fédération souhaitent porter un individu capable d’interagir avec les instances étatiques et d’exercer une influence sur les sponsors, sachant que l’essentiel des revenus de la FRMA proviennent de la publicité. Si toutes les conditions sont réunies, c’est le vote de 50 clubs et 15 ligues qui tranchera dans les urnes.

Aucune personne dans l’environnement actuel de l’athlétisme ne remplit ces critères”, nous confie, catégorique, une source à la FRMA. Un scénario qui n’est pas sans rappeler celui qui a conduit Abdeslam Ahizoune à rempiler à la tête de la fédération d’athlétisme pour un troisième mandat en 2015. A l’époque déjà, personne ne s’était porté candidat à la succession de l’ex-ministre des Postes et Télécommunications. “Pour le moment, il part. Après, on ignore ce qui peut se passer durant l’assemblée générale. Il peut y avoir des rebondissements, mais je peux vous garantir que personne ne déposera sa candidature avant le 14 juillet”, assure notre interlocuteur.

Un comité provisoire en dernier recours

Selon nos informations, plusieurs membres de l’entourage d’Abdeslam Ahizoune tentent de “raisonner” l’actuel président de la FRMA en l’encourageant à rempiler à la tête de l’instance. Si la situation reste inchangée, l’avenir de la Fédération sera confié à un comité provisoire chargé d’assurer la transition jusqu’à l’élection d’un nouveau président lors d’une assemblée générale ultérieure.

Une succession d’autant plus difficile à assumer que malgré les reproches qui lui sont adressés, notamment l’absence de médailles d’or olympiques durant son mandat, le PDG de Maroc Télécom a toujours su garantir des revenus fixes à la fédération d’athlétisme. “Par son poids dans le monde des affaires, il est très influent et inspire la confiance des investisseurs et d’autres sponsors”, nous explique-t-on . “Durant son mandat, il a su se rendre indispensable par différents moyens. Même si les résultats n’ont pas toujours suivi, Ahizoune a toujours assuré la stabilité de sa fédération,” poursuit notre interlocuteur qui estime, à son tour, que personne n’osera prendre le flambeau, malgré les envies de départ ouvertement exprimées par le président sortant.