Pour Orange, se passer de Huawei en Afrique pénaliserait le déploiement du mobile

Pour Orange, se passer de Huawei en Afrique pénaliserait le déploiement du mobile

L'opérateur télécom Orange a prévenu vendredi que se passer de l'équipementier chinois Huawei sur le continent africain aurait pour conséquences de renchérir les prix et limiter le développement du mobile.

Par

AFP

La position d’Orange concernant le continent africain est que si on devait mettre un coup d’arrêt à l’utilisation de Huawei, cela créerait un énorme problème« , a déclaré à l’AFP le directeur général d’Orange Afrique, Alioune Ndiaye. « Ne pas utiliser Huawei, cela signifie que les prix pourraient se renchérir et in fine ralentir la pénétration du numérique en Afrique« , a-t-il expliqué en marge d’une conférence de presse à Londres sur les ambitions d’Orange sur le continent.

M. Ndiaye argue que l’équipementier chinois a contribué au développement du mobile en Afrique ces dernières années, si bien qu’il a permis de faire baisser les prix entre 40% et 60% pour les pays africains. Huawei a connu une ascension fulgurante depuis 15 ans en Afrique où il est quasi incontournable dans le secteur des télécoms.

Ces propos interviennent dans un contexte délicat pour Huawei, soumis à une intense pression de la part des Etats-Unis qui l’accusent d’espionnage, ce que le groupe dément. Sa participation au déploiement de la 5G fait débat en Europe, notamment au Royaume-Uni qui doit dire prochainement s’il lui ouvre la porte.

« Personnellement, je n’ai pas encore vu un opérateur ou quelqu’un d’autre qui a la preuve que Huawei a des problèmes de sécurité, que Huawei espionne ou collecte des données sur le réseau« , a fait valoir M. Ndiaye. Selon lui, Orange en Afrique « continuera à utiliser Huawei tout en mettant en place, comme nous l’avons fait, des centres de supervision de sécurité qui nous permettent de nous assurer que les données de nos réseaux ne sont pas récupérées et transférées ailleurs« .

Le déploiement de la 5G en Afrique prendra encore quelques années, a expliqué le dirigeant qui mise sur 2023, alors qu’en Europe débarque déjà cette technologie mobile ultra-rapide, qui sert pour la chirurgie ou la voiture connectée. Orange commencera à partir de cette date à acquérir des fréquences 5G dans certains pays qui pourront être par exemple l’Egypte, le Maroc, le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

M. Ndiaye rappelle qu’Orange a déployé la 4G ces quatre ou cinq dernières années en payant des licences assez chères et qu’il n’a pas encore rentabilisé l’investissement. « La 5G arrivera en Afrique un peu plus tard qu’en Europe. Il est normal d’amortir le réseau 4G avant de déployer la 5G« , selon lui.

Le groupe français Orange est présent dans 20 pays en Afrique et au Moyen-Orient et y revendique 120 millions d’abonné à qui l’opérateur propose en outre des services dans le paiement, l’énergie ou la santé. Il a réalisé dans cette zone un chiffre d’affaires de 5,2 milliards d’euros en 2018, en hausse de 5,1% sur un an.

L’opérateur vient en outre de commercialiser un nouveau téléphone, Sanza, qui sera vendu environ 20 dollars avec l’accès aux applications les plus courantes. L’objectif est de rendre accessible plus largement l’internet mobile sur le continent africain et d’accompagner son développement avec un trafic internet qui augmente de 50% chaque année.

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