Le nouveau statut de Bank Al-Maghrib freiné par un revirement du RNI

Le nouveau statut de Bank Al-Maghrib freiné par un revirement du RNI

À quelques jours de l’adoption du projet de loi sur la révision du statut de Bank Al-Maghrib en séance plénière, le RNI exige le retour du texte devant la commission des Finances. Le parti de la colombe a finalement décidé de voter en faveur de l’amendement introduisant la langue amazighe sur les billets de banque, au grand dam du PJD. 

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Bank Al Maghrib Crédit: Yassine Toumi/Telquel

On pensait que le projet de loi relatif à la révision du statut de la Bank Al-Maghrib (BAM) allait boucler son processus législatif. Le RNI est intervenu in extremis en réclamant le retour de ce texte de loi au niveau de la commission de l’Economie et des Finances. Le groupe du Rassemblement constitutionnel (formé par le RNI et l’Union constitutionnelle) au sein de la Chambre des représentants “a décidé de recourir à l’article 192 du règlement intérieur de la Première chambre et d’envoyer le projet de loi en question devant ladite commission en vue de refaire le vote”, lit-on dans un communiqué du groupe publié le 23 mai.

Ce revirement de dernière minute est principalement dû au changement de position du parti à la colombe sur l’amendement à l’article 57 de la loi relative au statut de la banque centrale. Ce dernier prévoit notamment que les caractères sur les billets de banque et les pièces de monnaie soient écrits en arabe et en amazigh. Alors que les députés du parti de la colombe avaient initialement voté contre cet amendement, Aziz Akhannouch, patron du RNI, a reproché au chef du groupe parlementaire, Taoufik Kamil, de ne pas l’avoir consulté avant le vote au niveau de la commission des finances, indique le quotidien L’Economiste dans son édition du 3 juin.

Après son revirement, le Rassemblement constitutionnel rejoint le PAM qui était jusqu’alors le seul parti à défendre l’amendement de l’article 57. Le RNI a appelé les autres groupes parlementaires à soutenir son initiative et à “donner à la Chambre des représentants une seconde chance de reprendre le débat sur cette question”, souligne le communiqué.

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Une surenchère politicienne

Du côté du PJD, ce revirement fait fulminer. “Il s’agit d’une surenchère politicienne vaine de sens. Ce parti (le RNI, NDLR.) se base toujours sur des futilités pour exercer la politique. C’est inadmissible”, dénonce Abdellah Bouanou, président de la commission des Finances au sein de la première chambre.

Qui plus est, le projet de loi sur la révision du statut de la banque centrale “n’a aucune relation avec les billets de banque. D’ailleurs, nous n’avons jamais abordé cette question au niveau de la Commission des finances”, assure Bouanou, rappelant que ce projet de loi vise notamment l’élargissement du champ des missions de Bank Al-Maghrib.

Pour l’élu PJD, le revirement du RNI est d’autant plus surprenant que l’inclusion de caractères amazighs sur les billets de banque fait partie des discussions dans le cadre du projet de loi organique sur l’officialisation de la langue amazighe. “L’article 22 dudit projet de loi prévoit que tous les documents y compris les billets de banque ainsi que les pièces de monnaie doivent être écrits notamment en langue amazighe”, souligne Bouanou.

On notera néanmoins que les discussions autour de ce texte sont au point mort en raison, notamment, de divergences au sein de la majorité. Mais Abdellah Bouanou se veut rassurant puisque selon lui les deux textes devraient être votés le 10 juin prochain par la première chambre dans le cadre d’une séance plénière.

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