Fuite des cerveaux: Le Maroc et la France en quête d'un deal "win-win"

Fuite des cerveaux: Le Maroc et la France en quête d'un deal "win-win"

Après trois jours d'ébullition de l'innovation au salon VivaTech de Paris, le Maroc et la France cherchent à s'accorder sur un programme “win-win” de formation des jeunes ingénieurs marocains pour juguler la fuite des cerveaux.

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Moulay Hafid El Alamy s’entretient avec le Secrétaire d'Etat français au Numérique, Cédric O au salon Vivatech. Crédit: MAP

Le salon VivaTech de Paris, organisé du 16 au 18 mai dernier, a été l’occasion pour 16 startups marocaines de mettre en avant leurs innovations et de s’illustrer parmi les acteurs mondiaux des technologies. Il a également permis aux représentants des gouvernements français et marocain d’évoquer l’un des maux du secteur de la technologie au Maroc : la fuite des cerveaux.

Formés en France, employés au Maroc

A l’issue de discussions entre le ministre marocain de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy, et le secrétaire d’Etat français au numérique, Cédric O, les deux pays ont émis le souhait de  collaborer dans le cadre d’un programme de formation des compétences marocaines en France qui seront ensuite amenées à retourner sur le marché de l’emploi marocain et bénéficier au marché local.

Les détails de ce projet font actuellement l’objet de discussions entre des représentants de la France au Maroc et l’APEBI (Fédération marocaine des technologies de l’information et de l’offshoring), nous indique une source proche du dossier. Cette collaboration entre les deux pays devrait s’inscrire dans le cadre du programme CQP (certificat de qualification professionnelle), lancé il y a quelques mois par la fédération marocaine des technologies en partenariat avec l’ANAPEC. Celui-ci a pour objectif de former les jeunes diplômés (Bac +2 et Bac +3) sur les métiers du numérique.

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Juguler la fuite

Aujourd’hui, dans la tech, les Français peuvent compter beaucoup sur les talents marocains, mais il faut que cela se fasse de façon win-win”, a déclaré Cédric O à l’issue de ses discussions avec Moulay Hafid Elalamy. Le ministre de l’Industrie s’est lui engagé à “faire en sorte que notre jeunesse qui s’intéresse à l’innovation et au digital, soit accompagnée fortement, et qu’elle ait des possibilités et des options, y compris l’internationalisation des startups”.

Pour attirer des compétences marocaines, la France a mis en place le French Tech Visa,  qui permet aux développeurs marocains d’aller travailler en France avec des facilités administratives. Selon les chiffres de l’APEBI, 600 à 800 développeurs quittent chaque année le Maroc pour aller travailler en France.

Désormais, le nouvel accord en négociation avec la France aura pour but d’assurer un retour d’une partie de ces ressources. Un modèle inspiré de la Belgique qui a lancé une initiative similaire il y a quelques années, qu’elle finance entièrement. “Nous espérons que la France financera aussi ce projet et qu’elle absorbera un millier de jeunes par an pour leur formation. D’ailleurs, une première phase pilote sera lancée dès la rentrée 2019”, nous apprend Mehdi Alaoui, vice-président de l’APEBI.

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