Rendez-vous avec l'histoire pour les Berkanis

Rendez-vous avec l'histoire pour les Berkanis

Ce dimanche 19 mai, à 22 heures, la Renaissance Sportive de Berkane affrontera le Zamalek en finale aller de la Coupe de la CAF. Une occasion de marquer l'histoire du club oriental.

Par

MAP

Pour atteindre la finale de la Coupe de la CAF, la RS Berkane a eu un long et périlleux parcours. Dans le groupe des trois marocains (Raja, RSB, HUSA), le club de Fouzi Lekjaa s’est qualifié en sortant premier de sa poule. Mais la Renaissance de Berkane ne se satisfait pas de cet exploit. Le club a goûté aux joies des titres, en remportant la Coupe du Trône pour la première fois de son histoire la saison dernière. Les hommes de Mounir Jaouani sont-ils capables d’enchaîner en succédant au Raja ? Face au Zamalek, menés par un Laba Kodjo en grande forme, les Berkanis chercheront à plier la finale au match aller, car au Caire, tout peut arriver.

Pour réaliser cet exploit, les champions de la Coupe du Trône seront amenés à briller sur leur pelouse et devant leur public, comme ils ont su le faire pour s’en sortir des situations les plus difficiles. Déjà auteurs d’une belle remontada face au CS Sfaxien (3-0) après une défaite (0-2) en Tunisie, ils seront, cette fois-ci, mesurés à un adversaire d’un autre calibre : le Zamalek un habitué du football africain, cinq fois vainqueur de la Ligue des Champions. C’est en défendant ce statut de « grand d’Afrique » que le président du club, Mortada Mansour a largement « dépassé les bornes » en parlant de Berkane et du football marocain.

Le match dans le match

« Quand je vois que les joueurs sfaxiens ont été réveillés par des sonnettes d’alarme à 5 heures du matin le jour de la demi-finale retour, ce genre d’actes ne représentent pas les Marocains. Nous ferons ici ce que tu vas nous faire là bas, » a lancé Mortada Mansour, lors d’une causerie avec les joueurs et le staff technique de son club en début de semaine. « J’espère qu’ils nous traiteront d’une manière digne de l’Égypte et du Zamalek. Attention, ne gâche pas les relations maroco-égyptienne Faouzi ! Attention, ne gâche pas les relations entre les clubs marocains et le Zamalek Faouzi ! Je te préviens, je ne plaisante pas, » a-t-il ajouté.

Venant d’un président aussi fantasque que Mortada Mansour, ces paroles ont fait jaser au Maroc. Surtout que l’homme réputé pour ses « folles » sorties médiatiques a publié la vidéo sur son compte YouTube officiel. En s’adressant à Hamid Ahaddad, l’attaquant marocain de son équipe, il relate que l’arbitrage du match RSB-CSS (demi-finale retour) était catastrophique. La réaction de Fouzi Lekjaa n’a pas tardé, mais Mansour a eu le temps de se rétracter, moins de 48h plus tard, en accusant la presse tunisienne d’avoir publié des informations erronées.

« Toutes les informations que j’avais avant la causerie, je les ai eu via les médias tunisiens. Je m’adressais à Lekjaa, un frère, car je ne veux pas que ce match et ce qui se passe autour affecte les relations maroco-égyptiennes, » a déclaré le président du Zamalek sur les ondes de Radio Mars le 13 mai dernier, avant de poursuivre : « Bienvenue à l’équipe marocaine, je ne l’appelle pas la RSB, mais l’équipe du Maroc. Ils seront nos hôtes et seront choyés, tous les supporters qui disposent d’un passeport marocain seront les bienvenus au stade ».

Un mea culpa qui n’a pas empêché le patron du football marocain, et président de la RS Berkane de réagir deux jours plus tard. Selon Fouzi Lekjaa, les Égyptiens ont la mémoire courte. « Il faut revenir à l’histoire pour voir ceux qui ont véritablement tiré profit de l’arbitrage en Afrique durant ces deux dernières décennies. Les Tunisiens et avant eux les Égyptiens étaient à la tête de la commission d’arbitrage de la CAF ,» a déclaré le patron de la RSB, qui a ajouté que « la chicha qu’avaient les joueurs tunisiens sur eux était derrière le déclenchement de l’alarme de l’hôtel ». Le ton est donné.

Pression et fébrilité adverse

Le football n’est pas une science exacte. Mais si la RS Berkane n’a pas encore d’histoire africaine glorieuse, cette génération pourrait changer la donne. Demi-finaliste la saison dernière, cette équipe s’est surpassée cette saison pour atteindre ce stade de la compétition. Néanmoins, en face, c’est l’un des deux géants cairotes qui ont longtemps dominé le continent.

Dans le même temps, le Zamalek n’est pas aussi brillant qu’il y a un peu plus d’une décennie. En crise de résultats et dans l’ombre d’Al Ahly l’ultime rival, le club de Mortada Mansour essaye de retrouver les sommets du continent par la grande porte.

Seule une large victoire leur permettrait de disputer le match retour (26 mai) l’esprit plus tranquille. Cette même équipe du Zamalek a éliminé le Hassania d’Agadir, alors que le HUSA s’est vu refusé un but valable, qui aurait pu éliminer les Égyptiens. Lors de cette finale aller, la RSB peut profiter des fébrilités adverses. La pression est sur le favori.

Le club cairote attend un sacre continental depuis 2002 et une Ligue des Champions remportée aux dépens du Raja. Si la Coupe de la CAF est tant désirée par les composantes du club égyptien, c’est que c’est le seul titre africain qui manque au palmarès du Zamalek. La Renaissance peut donc profiter de cette pression que subissent les Égyptiens pour les surprendre et poursuivre leur exploit. D’autant que sur le papier, les Oranges n’ont rien à envier à leurs adversaires.

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