Protectorat: l’islam entre soumission et rébellion

Avec la mise en place du protectorat au Maroc, le 30 mars 1912, la France veut éviter le fiasco de l’annexionnisme algérien. La politique musulmane de Lyautey lui permet d’asseoir la pénétration occidentale par l’instrumentalisation de l’islam. La sécularisation est en marche, mais peu à peu l’islam se rebiffe.

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Lyautey bâtit sa politique en s’appuyant sur le sultan Moulay Youssef (g.), clé de voûte du système religieux. Il tente aussi d’apprivoiser les oulémas. Crédit: DR

Quand, sous l’égide d’Hubert Lyautey, la Résidence générale prend ses quartiers à Rabat, les Français ne sont pas novices en matière d’islam. De l’Egypte napoléonienne à la colonisation de l’Algérie, la république est au fait des subtilités spirituelles de Dar al-islam. Tout le XIXe siècle est un défilé d’ambassades françaises au Maroc. Celle du Comte Mornay, immortalisée par le peintre Delacroix, est restée dans les mémoires. Ensuite, de Charles Didier à Pierre Loti, les romanciers orientalistes ont dépeint un Maroc idéalisé. Plus près de la réalité sociétale, une noria d’islamologues, de l’explorateur René Caillé (1799-1838) à l’anthropologue Robert Montagne (1893-1954), en passant par Louis Massignon (1883-1962), a déjà investi le terrain culturel du Maghreb.

La politique musulmane de Lyautey

Lorsque Lyautey arrive au Maroc, il a retenu la leçon du spectre…

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